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Aubervilliers : une ville dans la ville

Réalisé pour le compte d’Adim Paris Ile-de-France par Bateg et Sicra Ile-de-France, le Campus Condorcet est le plus grand campus en sciences humaines et sociales d’Europe. Il contribue au rayonnement de la recherche française et à la revitalisation d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) tout en amplifiant la dynamique du Grand Paris.
Aubervilliers : une ville dans la ville
© Augusto Da Silva

Au nord de la capitale, c’est l’ébullition. Les villes limitrophes se modernisent à vitesse accélérée, à l’instar d’Aubervilliers où de nombreux équipements ont vu le jour. Bâtiments scolaires, médicaux et associatifs, ainsi que le “V”, nouveau siège de Veolia, bâti à proximité du canal Saint-Denis : beaucoup ont été réalisés par VINCI Construction France. Les équipes ont prolongé la ligne 12 du métro et ont réhabilité l’entrepôt Macdonald de l’autre côté du périphérique. Elles ont aussi été mobilisées sur un chantier qui transforme durablement la géographie universitaire de l’Ile-de-France : la réalisation sur 6,5 ha d’une Cité des humanités et des sciences sociales, baptisée Campus Condorcet, du nom du mathématicien et philosophe éclairé.

Ouvert sur le monde
Le campus comporte 64 600 m² de locaux, dont le siège de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et de l’Institut national d’études démographiques (Ined), un Centre de Colloques, des lieux de formation et de services, des espaces culturels et associatifs, une bibliothèque, des restaurants et des résidences pour chercheurs et étudiants. Triple enjeu pour VINCI Construction France : rendre solidaires les éléments d’un plan de masse complexe, coordonner les travaux réalisés dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) et ceux effectués via maîtrise d’ouvrage publique (MOP), et surtout donner une cohésion à la pluralité d’écritures architecturales du programme. En effet, cinq architectes et un bureau de paysagistes urbanistes ont conçu une ville dans la ville, un nouveau morceau d’urbanité au coeur d’Aubervilliers.

Ouvert sur la ville
L’outil Biodi(V)strict®, proposé désormais au sein d’Urbalia, a permis d’évaluer et de développer le potentiel de biodiversité du projet. « Nous avons réfléchi très en amont à l’insertion urbaine du campus et avons pensé globalement le projet, explique Adil Tber, directeur de projet, Adim Paris Ile-de- France. Le campus comprend plus de 58 % d’espaces végétalisés et il n’est pas clôturé. Les bâtiments seront ouverts au public pour des évènements, et les riverains accéderont librement aux espaces extérieurs, simplement délimités par des murets ou des fossés plantés d’épineux. Et parce qu’Aubervilliers devait bénéficier directement de ce chantier, 80 000 heures d’insertion ont été prévues et 45 % des travaux ont été confiés à des PME et à des artisans locaux. »

Hyper technicité pour ultra exigence
« Pour le siège de l’Ined et le Centre de Colloques, nous avons produit nos bétons autoplaçants, précise Frédéric Campergue, ingénieur Travaux principal, Bateg. À partir de prototypes, nous avons défini une qualité de béton optimale et fabriqué 577 pièces différentes : certaines en T, d’autres en L et d’autres en forme de peigne pesant entre 2 et 3 t ! » Les équipes de Bateg ont installé huit grues en un mois et achevé le gros oeuvre en dix mois. Pour les 250 collaborateurs en pointe qui ont réalisé chacun une partie du site, le défi était double : gérer en parallèle la construction de six bâtiments et de deux résidences, et maîtriser l’hyper technicité des travaux. Mise en oeuvre sur site d’une centrale à béton autonome, dispositifs innovants de préfabrication, de stockage et d’assemblage des pièces, gestion maîtrisée de l’approvisionnement par Solumat Ile-de-France, engagement constant des équipes méthodes : « Tout a été mis en oeuvre pour respecter les exigences de qualité, optimiser les coûts et permettre une livraison pour la rentrée 2019, confirme Étienne Grimaud, directeur de projet, Bateg. Aucun ouvrage n’était identique, et, au sein de certains bâtiments, nous avons dû prendre en compte d’importantes disparités de volumes. »
Exemple : le Centre de Colloques où aucun niveau n’est linéaire. « Le hall se déploie sur une triple hauteur et les auditoriums se situent sur deux étages, confirme Constance Debay, ingénieure Travaux principale, Bateg. Pas de droit à l’erreur sur ce bâtiment “vitrine”, qui est non seulement un des plus visibles de l’extérieur, mais aussi un des plus scrutés à l’intérieur puisqu’il occupe une place centrale sur le Campus et accueille le summum de la recherche européenne et mondiale ! »

 

Photo aérienne © Ph.Guignard