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La Caserne des Minimes : all access!

Dans le 3e arrondissement de Paris, GTM Bâtiment a réhabilité l’ancienne Caserne des Minimes. Lauréat du Care d’Or « Réhabilitation et Restructuration » lors de l’édition d’octobre 2020 du Concours du Geste d’Or, le projet a permis que l’îlot soit à nouveau accessible aux promeneurs et aux habitants du quartier.

La Caserne des Minimes : all access!
© Augusto Da Silva / Graphix Images 

Intégrée dans le plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) du Marais et située à une centaine de mètres de la place des Vosges, la parcelle de la Caserne des Minimes fut occupée par la gendarmerie nationale jusqu’en novembre 2017. La transformation de cet ensemble historique visait à changer sa vocation antérieure et à l’ouvrir sur le quartier, tout en conservant et en restaurant son patrimoine bâti. Un projet ambitieux à la réussite duquel GTM Bâtiment a largement contribué et qui a été présenté aux Parisiens le 26 février 2020.

Aujourd’hui, le site accueille, autour d’une vaste cour paysagée désormais visible et accessible, 70 logements sociaux aux typologies variées – duplex, logements familiaux, seniors, colocations étudiantes – sur cinq niveaux, 12 locaux commerciaux en rez-de-chaussée ainsi qu’une crèche associative de 90 berceaux. « Le chantier, lancé en novembre 2018, a été une course contre la montre, car le respect des délais représentait un enjeu impératif pour Elogie-Siemp et la Ville de Paris », prévient Jérôme Turck, directeur d’agence, GTM Bâtiment. Or, l’opération était très étendue, avec plus de 7 400 m² de surface totale et cinq bâtiments concernés.

Parquets et moulures

Les interventions de GTM Bâtiment ont été plurielles pour s’adapter aux procédés constructifs de l’époque et elles ont nécessité de nombreuses reprises de structures en sous-oeuvre. Réalisation de cinq cages d’escalier et d’ascenseur, création de mezzanines pour décaler les hauteurs de niveaux et pouvoir ainsi préserver les fenêtres et les ouvertures existantes, reprises de charpentes, viabilisation des combles : « Nous avons réalisé beaucoup de transferts de charges car il y avait des murs porteurs à supprimer, explique Paulo De Carvalho, maître compagnon principal, GTM Bâtiment. Il a fallu également créer des radiers. Pour conserver les cheminées présentes sur le toit tout en démolissant les zones inférieures, des étaiements spécifiques ont été nécessaires. » Dans les appartements, les parquets en bois massif ont été conservés et traités, ou déposés puis reposés dans les espaces neufs. Afin de redonner aux façades leur éclat d’antan, les briques et les pierres calcaires ont été nettoyées par hydrogommage. « Pour sublimer ce patrimoine, nous avons créé des ouvertures supplémentaires à l’identique des arches en pierre existantes, et nous avons agrandi certaines baies dans les logements », indique Mathias Pommerolle, chef de groupe, GTM Bâtiment. Une vingtaine de lucarnes ont aussi été mises en oeuvre au cinquième étage des bâtiments, qui ont nécessité la mise au point de plusieurs prototypes pour répondre aux exigences des architectes des bâtiments de France (ABF).

Ouverture et nature

Dès le début du projet, la volonté des élus, du bailleur et de l’architecte était que le site initialement replié sur lui-même et très minéral soit reconnecté au quartier en rendant la cour centrale de 2 000 m² accessible au public durant la journée. Les murs d’enceinte de l’ancienne gendarmerie ont été démolis, et des portes et des passages créés pour ouvrir l’espace sur les rues entourant le quadrilatère. « Nous avons repensé entièrement la cour intérieure en remplaçant le béton et l’asphalte par 1 900 m² de pierres de Comblanchien, ajoute Mathias Pommerolle. L’enjeu étant par ailleurs de la végétaliser, nous avons construit deux puits filtrants pour la récupération des eaux pluviales, creusés à 6 m de profondeur, qui permettent d’irriguer les 16 arbres de grande hauteur plantés dans la cour. » L’ancienne place d’armes devient ainsi un jardin traversant et animé, lieu de rencontre et de respiration, avec des abords eux aussi végétalisés. Le site accentue encore le service aux riverains par la présence de locaux d’activité qui hébergent notamment un café solidaire, un cabinet médical et huit ateliers d’artisanat.

Pour en savoir plus, lire le témoignage d'Olivier Imbert, directeur de la maîtrise d’ouvrage, et de Jérémy Nguyen, responsable de service au sein d’Elogie-Siemp.

Quatre siècles d'histoire

Le site abrita d’abord un couvent de l’ordre des Minimes, érigé entre 1605 et 1610. Il conserva sa vocation religieuse aux XVIIe et XVIIIe siècles avant que le couvent ne soit fermé à la Révolution. Devenus propriété de l’État en 1790, les bâtiments subirent une transformation en 1815 pour accueillir une compagnie de gendarmerie. En 1925, la caserne fut reconstruite par l’architecte Louis Varcollier, et la gendarmerie nationale continua d’occuper les lieux jusqu’en 2017.