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Chantiers & Territoires Solidaires vu par Carole Lacour, Arpeije

Basée à Clamart dans les Hauts-de-Seine, à proximité des travaux de la future ligne 15 Sud du Grand Paris Express, Arpeije est l’une des 11 associations lauréates du premier appel à projets lancé par le Fonds de dotation Chantiers & Territoires Solidaires créé à l’initiative de VINCI Construction France. Cofondé par VINCI Construction, VINCI Energies et Eurovia avec le soutien de la Fondation d’entreprise VINCI pour la Cité, le fonds accompagne des projets d’intérêt général dédiés à la création et au maintien de l’emploi, et au développement du lien social. Plongée dans le chantier d’insertion mené par l’association avec sa directrice, Carole Lacour.
Chantiers & Territoires Solidaires vu par Carole Lacour, Arpeije
© Aurélie Coudière

Pouvez-vous nous décrire l’association Arpeije en quelques mots ?

Arpeije est une association qui accompagne des personnes en difficulté dans leur insertion sociale et professionnelle en leur proposant des formations et un emploi. Nous accueillons à la fois des jeunes entre 16 et 25 ans sortis du système scolaire sans qualification, des adultes restés éloignés de l’emploi pendant un certain temps et bénéficiant de minimas sociaux, et des chômeurs longue durée. L’association porte aujourd’hui un chantier d’insertion baptisé le Rayon Vert et a accompagné à ce jour 28 salariés. Ce chantier d’insertion autour du recyclage, de la réparation et de la vente de vélos d’occasion propose des formations qui permettent à nos salariés de redevenir acteurs de leur parcours professionnel et offrent des tremplins vers de nouvelles opportunités d’emploi durable. Une fois formés à la mécanique, les salariés en insertion réparent les vélos des adhérents, et les forment eux-mêmes à la réparation. Nous redonnons confiance à nos salariés qui, à leur tour, transmettent une expertise.

En quoi les équipes du Rayon Vert sensibilisent-elles les adhérents aux valeurs éco-responsables et en font des citoyens plus engagés pour une empreinte environnementale réduite ?

Nous contribuons, à l’échelle du quartier, à favoriser l’autoréparation, à développer la mobilité douce en milieu urbain et à encourager le recyclage et le réemploi des vélos en évitant leur dépôt en déchetterie. De plus, l’atelier utilise une fontaine de dégraissage biologique qui permet de nettoyer la graisse et la rouille des pièces de vélos grâce à un concentré de micro-organismes bactériens en milieu fermé, et redonne de l’éclat sans rejets toxiques.

En parallèle, depuis deux ans, vous avez mis en place une nouvelle activité : la récupération de bâches pour fabriquer des accessoires vélo. Est-ce une réussite ?

Absolument. Suivant les principes de l’économie sociale et solidaire, nous récupérons les bâches de communication des entreprises ou des collectivités vouées à être jetées. Nos salariés les nettoient, les préparent, les découpent et les cousent afin de réaliser des accessoires vélo et d’autres produits. En 2018, l’atelier vélo offrait un emploi à six salariés en insertion et l’atelier couture à deux salariés, accompagnés par deux encadrants techniques.

Vous créez des emplois, favorisez l’économie circulaire et revivifiez le lien social dans le territoire... au final, vous avez le même triple enjeu que VINCI Construction France dans le cadre des chantiers du Grand Paris ?  

Oui, c’est la raison pour laquelle nous avons répondu à l’appel à projets lancé par Chantiers & Territoires Solidaires. Nous avons perçu le soutien du fonds de dotation comme une reconnaissance du travail accompli depuis la création d’Arpeije en 1981 alors que l’association était un lieu expérimental émanant du foyer des jeunes travailleurs de Clamart qui accompagnait les jeunes déscolarisés, mais aussi comme un sérieux coup de pouce pour l’avenir et pour les actions que nous menons aujourd’hui au sein de ce Grand Paris qui se construit autour de nous et avec nous. Ce soutien est particulièrement important pour nous, car il nous a permis tout au long de l’année 2018 de consolider nos actions et d’en développer de nouvelles. D’autre part, je considère qu’il s’agit avant tout d’une rencontre pour favoriser le bien-vivre ensemble. Là où les travaux représentent souvent une contrainte pour les riverains, je suis ravie que le groupe VINCI permette à nos salariés de faire une visite de chantier, d’avoir un autre regard sur ces travaux et qui sait, pour certains, de découvrir les métiers du BTP. Créer ou recréer du lien sur le territoire, c’est fondamental ; et c’est à travers ce type d’appels à projets que nous pouvons nous rencontrer, imaginer et créer ensemble !

 

Chantiers & Territoires Solidaires vu par Carole Lacour, Arpeije
© Aurélie Coudière