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Complexe Aqualudique de Reims : témoignage de Grégoire Chauvin

Développé par Adim Est et construit par GTM Hallé (mandataire), Sogea Picardie et Sotram, le futur complexe aqualudique de Reims fait également appel au savoir-faire des charpentiers métal de Steeleom. Le regard de Grégoire Chauvin, chargé d’affaires au sein de la direction déléguée Arbonis-Novelige-Steeleom (A.N.S.), sur ce grand chantier démarré à l’automne 2018.
Complexe Aqualudique de Reims : témoignage de Grégoire Chauvin
© Aurélie Coudière

L’ouvrage en construction dans le nouveau quartier Reims Grand Centre réunira sur trois niveaux et 13 500 m2, une piscine, une patinoire, d’autres équipements sportifs ou dédiés au bien-être, des commerces et des espaces de coworking. Qui dit complexe dit complexité, celle-ci ne tient-elle pas aussi à la toiture ondulante, soutenue par une charpente métallique, qui donne à l’architecture sa singularité ?

Grégoire Chauvin : La complexité de l’ouvrage réside en effet dans cette imposante toiture qui couvrira d’un seul tenant les bassins intérieurs de la piscine. Du fait de la géométrie du projet dessiné par l’architecte Marc Mimram, la charpente métallique suit une enveloppe courbée dans les trois dimensions de l’espace. Après la phase d’études, incluant les méthodes de montage, nous avons commencé la fabrication de cette structure sophistiquée. En phase de travaux, l’un des défis techniques tient à la portée importante (90 m), à la géométrie variable et à la forme particulière de chacune des sept méga-poutres treillis. Il n’y a pas deux éléments identiques, c’est une forme sans régularité !

Au-delà de la conception de l’ouvrage, le montage présente t’il des enjeux particuliers ?

Grégoire Chauvin : Les dimensions des poutres treillis rendent impossible tout pré-assemblage en atelier, ce qui conduit à prévoir une phase de montage sur chantier de plusieurs fermes, barre par barre, au niveau du sol, dans l’espace très restreint de la halle bassin. Une fois assemblées sur leurs supports provisoires, les fermes treillis seront levées grâce à deux grues mobiles positionnées aux deux extrémités, et fixées aux appuis au fur et à mesure de l’opération. Par ailleurs, l’analyse structurelle doit anticiper les déformations – dans les trois dimensions de l’espace – lors de la levée, de manière à placer les fermes au centimètre près par rapport à leur position théorique. Cela va être impressionnant… et tout le monde retiendra sans doute son souffle à la levée de la première poutre.

 

Complexe Aqualudique de Reims : témoignage de Grégoire Chauvin
© Marc Mimram Architecture & Ingénierie

En quoi la réussite d’un tel projet repose t’elle sur le bon fonctionnement d’une chaîne collaborative ?

Grégoire Chauvin : De la conception aux travaux, c’est un enchaînement de tâches, avec chacune son niveau d’exigence. Nous avons bénéficié de tout le travail en amont réalisé par les équipes d’ingénierie de VINCI Construction France pour la modélisation BIM (Building Information Modeling). Ce travail a permis d’anticiper notamment la géométrie d’ensemble et la pré-synthèse technique. Au sein de Steeleom, nous souhaitons donner du sens à l’interdisciplinarité. Nos ingénieurs ont, par exemple, travaillé étroitement avec la direction des Ressources techniques et opérationnelles de la direction déléguée Nord-Picardie pour s’assurer de la stabilité de la charpente ainsi que de l’infrastructure béton à chaque phase intermédiaire de la construction. Et sur le chantier, nos équipes collaborent en continu et redoublent de réactivité pour réussir à construire le projet tel qu’il a été conçu.

Quel est votre métier aujourd’hui ?

Grégoire Chauvin : À l’instar de mes collègues de Steeleom, je me définirais comme un « charpentier métal », mais je m’efforce d’avoir aussi un regard d’architecte et d’ingénieur qui va chercher les solutions techniques cohérentes architecturalement et esthétiquement avec le projet.

L’objectif pour Steeleom sera donc de maîtriser tout le process, du dessin à la pose ?

Grégoire Chauvin : Oui, c’est l’ambition de Steeleom. Bien que l’entreprise ne dispose pas actuellement d’usine de production en propre, nous proposons un service complet avec des partenaires locaux qui nous accompagnent et que nous accompagnons en retour dans leur développement. À date (ndr : mars 2019), nous participons notamment aux travaux de Lillenium à Lille et de l’archipel à Nanterre, le futur siège de VINCI. Dans le cadre du Grand Paris, nous sommes en phase d’études avec les équipes d’Arbonis pour la toiture de la gare de Noisy-Champs : un dôme en double spirale, avec structure mixte acier-bois, une forme inédite d’une complexité au moins égale à celle de la charpente du centre aqualudique. Aujourd’hui, nous sommes une équipe d’une dizaine de collaborateurs, expérimentés et dynamiques, qui ne demande qu’à s’agrandir en portant les valeurs et les engagements de qualité et de performance de VINCI Construction France.