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Construction d’un data center pour Orange : témoignage de Vincent Huriet

Les besoins d’hébergement de données à distance des particuliers et des entreprises ne cessent de progresser. Face à cette tendance, Orange a engagé très tôt une refonte de son infrastructure informatique afin de remplacer ses data centers existants par des centres de plus grande taille. Vincent Huriet, à la tête du programme baptisé DC2020, évoque les liens tissés avec VINCI Construction France à l’aune de la construction du data center Normandie 2 à Val-de-Reuil (27).

Construction d’un data center pour Orange : témoignage de Vincent Huriet
Vincent Huriet, chef de projet du programme DC2020 © Thomas Halkin

En 2008, Orange implantait un premier data center à Val-de-Reuil. En quoi la construction de ce nouvel équipement normand va-t-elle accompagner la croissance des usages numériques de vos clients ?

Vincent Huriet : Ce nouveau data center aura une capacité de 13 mégawatts, soit quatre à cinq fois plus que nos installations les plus anciennes. Nous disposerons de six salles pour nos serveurs : cinq salles de 700 m² et une salle de 900 m2. Nous fabriquons une coque, mais notre approche constructive est modulaire. Nous ouvrirons trois salles en 2020 et tout a été prévu pour que les trois autres salles puissent être aménagées l’une après l’autre, à horizon 2026. Sur les dix centres opérationnels du Groupe en France, seul Normandie 1 à Val-de-Reuil a été pensé pour accueillir l’environnement technique d’un data center de nouvelle génération (groupes électrogènes, systèmes de refroidissement, etc.). Les data centers de Lyon (69), de Montsouris (Paris XIII) ou d’Aubervilliers (93) sont logés en cœur de ville, dans des bâtiments des années 1930 ou des années 1970 qui ont été conçus pour accueillir des équipements lourds de commutation téléphonique mécanique. Ce projet de refonte des data centers accompagne un mouvement de fond plus important chez Orange, le glissement de notre cœur de métier du monde des télécommunications à la sphère digitale et informatique.

Normandie 2 hébergera non seulement les données et les services des clients (entreprises et grand public) d’Orange, mais aussi le propre système d’information (SI) du Groupe…

V. H. : Orange met tout en œuvre pour garantir le stockage informatique sécurisé, fiable et efficace des données de ses clients, ainsi que leur disponibilité. Normandie 2 répondra aux besoins cloud de nos clients et hébergera des données liées à nos propres besoins, comme la description du réseau de télécommunications du Groupe. Un enjeu crucial puisqu’il s’agit du SI interne qui permet le fonctionnement quotidien de l’entreprise, de la vente des forfaits de téléphonie à la gestion des carrières des collaborateurs du Groupe.

Est-ce une des raisons pour laquelle vous avez lancé la construction en parallèle de deux data centers, l’un à Chartres (Chartres 1) conduit par Eiffage et l’autre à Val-de-Reuil (Normandie 2) piloté par les équipes de VINCI Construction France ?

V. H. : Oui, nous souhaitons maîtriser les risques et maintenir la continuité de service en organisant la mise en miroir de nos infrastructures. En cas d’incident ou de panne, ce dispositif dual site permet qu’un site prenne le relais de l’autre en toute transparence pour nos clients. Mener de front la construction de deux équipements nous a permis de maîtriser les investissements en conception, nous permet de grouper la formation de nos opérationnels et nous permettra, à terme, d’optimiser les coûts d’exploitation. Pour autant, la structure du terrain ainsi que les techniques de construction et d’ingénierie choisies sont très différentes.

Construction d’un data center pour Orange : témoignage de Vincent Huriet
© Daisy Reillet

Pour l’ouvrage que construit Sogea Nord-Ouest, vous avez choisi la Normandie pour une raison simple : il y fait plus frais que dans bien des régions de France !

V. H. : C’est d’abord une région proche de Paris où sont basés à la fois nos clients "grands comptes" et les compétences informatiques de pointe dont nous avons besoin. D’autre part, la Normandie offre un climat doux qui varie très peu. Elle bénéficie aussi de plusieurs atouts, notamment l’absence de zone sismique et des conditions météorologiques idéales pour l’usage du free-cooling qui permet d’optimiser la consommation énergétique des équipements. Cette technologie utilise l’air ambiant pour refroidir le matériel informatique, réduisant ainsi le recours à une climatisation artificielle plus de 85 % de l’année. Construire un data center éco-efficace demande davantage d’études, davantage d’ingénierie et, au final, plus de volume de béton pour maîtriser les phénomènes aérauliques. Mais au final, nous maîtrisons la génération de gaz à effet de serre et nous réduisons notre impact environnemental.

Comment s’est passé votre premier contact avec les équipes de VINCI Construction France ?

V. H. : Dès la phase d’appel d’offres, nous avons compris la force de l’ingénierie intégrée de l’entreprise. Bureau d’études Structure et Béton, puis ingénieurs Méthodes et BIM, équipes projet et travaux : nous avons été mis en confiance par des hommes et des femmes mobilisés et inventifs dans l’exercice de réingénierie de l’objet à construire. Durant les quatre mois d’optimisations techniques qui ont précédé la signature du contrat, les équipes ont été proactives, rigoureuses et appliquées. Et cela ne s’est pas démenti depuis.

Quelles sont les "données" essentielles que VINCI Construction France a su mettre en pratique en phase d’exécution ?

V. H. : Écouter son client et comprendre ses besoins. Sur chantier, il n’est plus question d’entreprises mais d’Hommes qui parlent avec d’autres Hommes. Je suis très satisfait de voir que le dialogue ne se rompt jamais avec mes équipes. Je peux compter sur l’encadrement pour aplanir les difficultés de façon informelle lorsque cela est possible, et sur l’équipe travaux pour faire preuve d’adaptabilité lorsque cela est nécessaire.

Au-delà de cet esprit collaboratif, quels comportements retiendrez-vous ?

V. H. : D’abord, la rigueur et l’énergie dépensée pour tenir le chantier. Le chantier est propre et bien organisé. En tant que maître d’ouvrage, un chantier "facile à lire" rassure sur la "capacité à faire" en termes d’ordonnancement, de technicité et de sécurité. Ensuite, une des valeurs que nous partageons est probablement le sens du service, à tous les stades du projet. Lorsque nous avons découvert en février 2019 que le terrain de la partie nord du site était pollué, VINCI Construction France a su mobiliser très vite ses experts Structures et ses géotechniciens pour trouver des solutions de renforcement de sol par inclusions rigides. Et lorsqu’une idée a fait ses preuves sur le chantier de Chartres ou de Val-de-Reuil, les équipes de chaque site se prennent au jeu d’une saine émulation. C’est agréable que chacun se donne à fond pour un projet qui sort de l’ordinaire.

Bureau d’études Structure et Béton, puis ingénieurs Méthodes et BIM, équipes projet et travaux : nous avons été mis en confiance par des hommes et des femmes mobilisés et inventifs dans l’exercice de réingénierie de l’objet à construire.