Actus & Dossiers / Témoignages

Désamiantage, santé et sécurité : le regard de Magali Brossard

Responsable Qualité Sécurité Environnement (QSE) au sein de Sogea Est, Magali Brossard accompagne depuis six ans le développement de l’activité de désamiantage sur les chantiers du Grand Est. La mise en place en 2018 d’une filière métier dédiée s’inscrit dans le droit fil d’une démarche qui conjugue étroitement conquête de nouveaux marchés, sécurité et respect de l’environnement.
Désamiantage, santé et sécurité : le regard de Magali Brossard
© Marc Philippe

Comment en êtes-vous venue à être partie prenante de l’activité de désamiantage dans le Grand Est ?

Magali Brossard :  Il y a dix ans, lorsque j’ai commencé à travailler chez Sogea Est, nos équipes faisaient de la dépose de canalisations en amiante-ciment dans le cadre de travaux hydrauliques. Nous commencions à être sollicités pour d’autres types de marchés avec des problématiques d’amiante, comme la rénovation de châteaux d’eau ou de toitures. Parallèlement, les citoyens ont pris conscience que le problème de l’amiante n’était pas derrière eux. Quand les bâtiments vieillissent et sont mal entretenus, le risque d’exposition à l’amiante est décuplé. Il y a un vrai enjeu de santé publique méconnu, voire sous-estimé. Alors que les réglementations dans ce domaine se renforçaient, nous nous sommes structurés et avons investi dans le but de mieux répondre aux demandes de nos clients en affirmant notre présence sur ces marchés. En tant que responsable QSE, à partir de 2013, j’ai été chargée de m’occuper de la certification amiante de nos établissements. J’ai reçu une formation technique afin d’aider les équipes à mettre en œuvre la démarche et à obtenir cette certification. Puis au fur et à mesure que la direction déléguée s’est lancée sur de nouveaux marchés, j’ai été étroitement associée au développement de l’activité de désamiantage.

Ce qui traduit une politique volontariste de ne pas dissocier passation de marchés, sécurité des personnes et protection de l’environnement...

Magali Brossard : En effet, l’objectif est de se développer dans le respect de la réglementation et de nos valeurs environnementales. Contribuer aux choix stratégiques, aux arbitrages et même à la prise d’affaires, c’est à la fois la preuve que la sécurité fait bien partie de l’ADN de VINCI Construction France, et une reconnaissance de mon rôle qui consiste à m’assurer qu’aucun de nos marchés ne déroge aux règles, ne met en danger les personnels ou les riverains, ou n’est source de pollution. Aujourd’hui, je suis toujours responsable QSE, et une partie de mon temps est consacrée à cette activité de désamiantage. Je garde le rôle de garant tout en faisant de la veille réglementaire, car l’amiante est un domaine dans lequel la législation évolue constamment et rapidement.

Quelles sont les attentes de vos clients en matière de désamiantage ?

Magali Brossard : Ils souhaitent d’abord pouvoir faire confiance aux entreprises. D’où notre démarche qui consiste d’une part à les informer en toute transparence, par du conseil en amont, et d’autre part à faire en sorte qu’il n’y ait aucun écart aux bonnes pratiques dans la réalisation des travaux. Nous sommes clairs dès le départ sur ce que nous allons faire, afin que le chantier se déroule sans surprise, tant au niveau du prix que de la sécurité. Cette démarche, nous la portons non seulement avec nos clients – par exemple, lorsqu’un bailleur social nous confie l’assainissement d’un ensemble d’appartements qui est rénové au fur et à mesure des changements de locataires – mais aussi auprès de nos partenaires au sein de VINCI Construction France – comme lorsque nous contribuons, aux côtés d’Adim Est, à une opération immobilière comprenant la démolition d’un bâtiment avec une surface importante de toiture amiantée. Avant de nous charger du désamiantage, nous veillons à ce que le diagnostic amiante soit complet pour anticiper tout aléa dans les travaux et les coûts.

La direction déléguée Grand Est entend aujourd’hui développer fortement son volume d’affaires en désamiantage. Quels sont les moyens de cette ambition ?

Magali Brossard : Jusqu’en 2017, nous avions peu de collaborateurs entièrement tournés vers cette activité. Nos personnels formés à d’autres métiers réalisaient des chantiers de génie civil ou d’hydraulique, qui impliquaient quelques enjeux d’amiante. Décision a été prise de créer en 2018 une filière dédiée, en recrutant des chargés d’affaires et des techniciens experts du désamiantage. Par ailleurs, nous co-traitons désormais les dossiers majeurs avec Neom qui regroupe les compétences en curage, désamiantage, déplombage, démolition et logistique, ce qui nous permet de bénéficier de l’expertise et de l’expérience des équipes. Connue sur tout le territoire, la marque Neom, bien visible sur les chantiers de Sogea Est, enrichit naturellement le lien de confiance que notre filiale entretient avec ses clients et permet d’atteindre le standard de rigueur d’exécution et de services attendu d’une filière intégrée.