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Faisons le mur - Art urbain

Plus que jamais, l’art urbain s’invite sur les chantiers. Qu’il s’agisse de proposer à des artistes de renom de s’exprimer sur les palissades de chantier ou de préserver des œuvres existantes dans des opérations de réhabilitation, VINCI Construction France entretient ce patrimoine unique et cultive les liens entre l’art, la construction et les habitants.

Faisons le mur - Art urbain
© Laurent Zylberman/Graphix Images

Espaces cachés aux riverains, les chantiers s’ouvrent à l’art de rue. De l’utilité de permettre à tous de voir au-delà des grues, des engins, du bruit et de la poussière. L’art urbain est un moyen d’étonner et d’intéresser les habitants aux transformations de leur quartier. Et quand la prouesse artistique fait écho à la performance technique ou environnementale d’un chantier, tout le monde y gagne. Donneurs d’ordres, maîtres d’ouvrage et constructeurs l’ont bien compris. À l’instar de VINCI Construction France et de ses partenaires, qui font de plus en plus appel à des artistes pour qu’ils investissent les lieux et intègrent au chantier une expérience artistique dont les effets vont au-delà du réenchantement.

Embellir, mais pas seulement 

Pour les palissades du projet Nouvel’R de SOGEPROM à Nice (06), dont les travaux sont conduits par Dumez Côte d’Azur, l’artiste plasticien Patrick Moya a réalisé une fresque. À Bagneux (92), c’est l’Américain Beau Stanton que la maison de production d’art urbain Quai 36, le promoteur HRO France, la Ville de Bagneux et CBC (Campenon Bernard Construction) ont invité à concevoir une œuvre picturale sur l’une des palissades du chantier Symbiose. À l’issue des travaux, CBC livrera 54 000 m² de bureaux au cœur de l’écoquartier Victor Hugo. « C’est la première intervention de Beau Stanton en France, et il a créé une fresque autour des interactions entre l’homme, le climat et la nature, relate Guillaume Creneau, directeur d’exploitation, CBC. Passer par l’art pour traduire notre engagement durable permet de mieux expliquer ce que nous réalisons et d’impliquer les habitants dans le projet. » L’artiste a peint une œuvre de 200 m² qui sera réinstallée dans un parc voisin à l’issue des travaux. « L’œuvre est parfaitement respectée quand les autres palissades continuent à recevoir tags et affiches, poursuit Guillaume Creneau. L’art urbain offre aux riverains un paysage plus agréable à l’œil et suscite le dialogue. En faisant entrer l’art et la culture sur nos chantiers, nous montrons notre attachement au développement de la cité et contribuons à créer du lien social en nous adressant à tous les publics. » Une conviction partagée par Beau Stanton. « Peindre en public est selon moi la forme la plus égalitaire de l’art », confirme l’artiste qui a adapté son projet aux 80 m de longueur de la palissade pour que les passants profitent des différents tableaux en s’arrêtant pour réfléchir devant chaque allégorie, et qui s’est trouvé des points communs avec les compagnons de VINCI Construction France : « Je crois en la production et en la méticulosité. C’est stimulant intellectuellement, artistiquement et techniquement de travailler si près d’un chantier, à quelques mètres seulement des fondations et des grues ! »

Lire l'interview de l'artiste Beau Stanton et d'Hugo Benkara, directeur du Développement et co-fondateur de Quai 36.

Faisons le mur - Art urbain
Oeuvre de l'illustratice et graffeuse Doudou Style © Guillaume Mussau

Attention, oeuvres d'art !

Dans certaines réhabilitations, les enjeux qui entourent l’art et impliquent VINCI Construction France sont d’une autre nature. Il s’agit avant tout de conserver et de valoriser des œuvres déjà présentes sur site avant le début des travaux, à l’exemple de la restructuration du 58-66, rue de Mouzaïa (Paris XIX), menée par GTM Bâtiment et qui a reçu en 2019 le Geste d’Argent du Grand Prix Architecture, Urbanisme et Société. L’opération vise à transformer d’anciens bâtiments tertiaires en logements, ateliers d’artistes et espaces de coworking. Or, le n° 58, immeuble brutaliste conçu par Claude Parent et André Remondet, avait été investi par un groupe de 150 artistes, baptisé Le BLOC, entre 2012 et 2013. Résultat : des dizaines d’œuvres – fresques, peintures, tags – présentes sur les murs des sous-sols et des étages. Parmi elles : les hommes inquiets de l’artiste sicilien Alberto Ruce, l’univers sombre et romantique d’Éric Lacan alias Monsieur Qui !, les chimères de Gorellaume ou les célèbres bouches grandes ouvertes des poissons colorés du graffeur Yosh. « Le maître d’œuvre avait sélectionné une vingtaine d’œuvres à conserver pour respecter l’histoire des lieux, explique Claude Marinho, directeur d’agence, GTM Bâtiment. Nous les avons protégées de l’humidité, des chocs et des peintures appliquées aux alentours pendant les travaux. Film plastique, fausses cloisons en contreplaqué et batardeaux en ciment ont été nécessaires. » Sur le mur de façade du bâtiment, au rez-de-chaussée, figurait aussi une œuvre de Catherine Val, datant de 1974 et composée de messages gravés permettant de tisser des liens entre les passants et l’édifice. « Nous l’avons protégée, puis restaurée et nettoyée par hydrogommage pour lui redonner la teinte du béton de l’époque », raconte Angelo Sforacchi, chef de groupe Travaux, GTM Bâtiment. Preuve de l’importance et du soin accordés à l’art urbain d’hier et d’aujourd’hui au service du dialogue entre les hommes et le bâti.