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Naissance d'un pont

Au sud de Tours (37), un nouveau viaduc autoroutier permettra bientôt une circulation à 2 x 3 voies sur l’A10. D’une longueur de plus de 200 m, l’ouvrage mixte en béton et métal s’élancera au-dessus des deux bras de l’Indre. Mené par GTM Normandie-Centre pour le compte de Cofiroute (VINCI Autoroutes), ce chantier aux enjeux techniques singuliers est aussi un défi environnemental.

Naissance d'un pont
© Francis Vigouroux

« Pour construire cet ouvrage, nous avons dû composer avec les contraintes du site et définir des méthodologies adaptées aux enjeux environnementaux », expose Grégoire Stolbowsky, ingénieur Travaux, GTM Normandie-Centre. Une fois les travaux préparatoires effectués, c’est en effet par la création des appuis du viaduc au sein de batardeaux, conçus par des rideaux de palplanches, que le chantier a commencé. « Ces opérations ont été conduites en propre, précise l’ingénieur. Par ailleurs, avec l’appui de Botte Fondations, chaque pile du viaduc a été fondée sur 10 pieux réalisés à l’intérieur des batardeaux, ces derniers agissant comme des enceintes de protection de la nappe phréatique. » Un premier lançage de la charpente du viaduc a été effectué en novembre 2020, et une autre opération a eu lieu début 2021. Les poutres métalliques reposent désormais sur les piles et les culées de l’ouvrage afin de recevoir le hourdis en béton.

Jeté de… tablier !

Installées à l’aide d’une grue de 500 t, 251 dalles en béton seront posées et liaisonnées à la charpente par clavage. Une fois le tablier du pont mis en place, débuteront les phases de superstructure : réalisation des corniches caniveaux qui récupèrent les eaux pluviales ou les résidus d’hydrocarbures, installation des barrières autoroutières, pose de feuilles d’étanchéité sur le tablier… « La réalisation des piles a été délicate, raconte Huseyin Ozdemir, chef d’équipe, GTM Normandie-Centre. Nous avons utilisé des coffrages avec une peau en bois, équipés de baguettes et de négatifs de forme arrondie. La vibration des 150 m3 de béton pour chaque pile a été particulièrement physique et minutieuse, car il a fallu remonter les vibreurs sur une hauteur de 7 m tout en assurant un compactage homogène, garantie d’un beau parement. Demain, quand j’emprunterai l’A10, je pourrai mesurer la qualité de mon travail… et l’utilité de ma mission pour la sécurité et le confort de milliers d’automobilistes. »

Sur le chantier, je vérifie que la réglementation environnementale est connue et respectée. Cela concerne majoritairement l’eau puisque le viaduc passe au-dessus de l’Indre et de son bief, mais aussi les nuisances sonores, la qualité de l’air ou le traitement et la valorisation des déchets. Je m’assure également de la préservation de la faune et de la flore.

Zoé Gaultier, Coordinatrice Environnement chez IRPL (Ingénierie Routière des Pays de Loire)

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