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Regards croisés sur la Caserne des Minimes (Paris III)

La réhabilitation de la Caserne des Minimes, menée par GTM Bâtiment pour le compte d’Elogie-Siemp – troisième bailleur social de la Ville de Paris –, a obtenu en octobre 2020 le Care d’Or « Réhabilitation et Restructuration » à l’occasion du Concours du Geste d’Or. L’excellence opérationnelle de VINCI Construction France était ainsi une nouvelle fois distinguée. Retour sur ce chantier et cette restructuration avec Olivier Imbert, directeur de la maîtrise d’ouvrage, et Jérémy Nguyen, responsable de service au sein d’Elogie-Siemp.

Regards croisés sur la Caserne des Minimes (Paris III)
Jérémy Nguyen, responsable de service, Elogie-Siemp et Olivier Imbert, directeur de la maîtrise d’ouvrage © Augusto Da Silva / Graphix Images 

Quelle opportunité ce projet de réhabilitation en plein cœur du quartier du Marais représentait-il pour Elogie-Siemp ?

Olivier Imbert : Le 3e arrondissement de la capitale est fortement déficitaire en matière de logements sociaux. Une opération comme celle de la Caserne des Minimes, grâce à laquelle 70 nouveaux logements sont mis à disposition, est une opportunité rare. Même si Elogie-Siemp a l’habitude de travailler sur des réhabilitations lourdes d’immeubles patrimoniaux dans le centre de Paris qui regroupe désormais les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements, le quadrilatère de la Caserne des Minimes représente un quart de la superficie de la place des Vosges.

Jérémy Nguyen : Elogie-Siemp se caractérise par sa spécificité sociale et par sa réputation de maître d’ouvrage soucieux de beauté architecturale, de qualité d’usage et de sobriété énergétique. La restructuration de l’habitat ancien et la transformation lourde dans le centre de Paris font partie de notre culture d’entreprise. Nous sommes au service des usagers et développons l’offre de logements sociaux sur des sites généralement beaucoup plus modestes. Depuis sa création au XVIIe siècle, la caserne s’étend sur cinq bâtiments et avait toujours été fermée sur elle-même. Dans ce projet de réhabilitation, la volonté de l’ensemble des acteurs était de l’ouvrir sur le quartier et aux riverains.

Regards croisés sur la Caserne des Minimes (Paris III)
© Augusto Da Silva / Graphix Images 

La porosité public-privé apparaît en effet comme une des grandes réussites de cette opération. Comment la question de l’ouverture de la cour centrale a-t-elle été traitée ?

Jérémy Nguyen : Dans la phase de conception du projet, la principale difficulté a consisté à intégrer une commande politique sur un espace privé. Le fait d’ouvrir le site et de transformer l’ancien parking en place paysagée ou jardin posait un certain nombre de questions, notamment celles de l’entretien, de la surveillance, de la maintenance et de l’exploitation des espaces extérieurs. Presque tous les services de la Ville de Paris (directions des Espaces verts et de l’Environnement, de la Propreté et de l’Eau, de la Voirie et des Déplacements, du Logement et de l’Habitat, de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection, etc.) sont intervenus dans la consultation et nous avons réussi ensemble à concilier les exigences de chacun. Finalement, il a été décidé que les grilles du site resteraient ouvertes à tous en journée, aux horaires d’un jardin public, et seraient fermées le soir pour le confort des résidents. En échange de quoi la Ville se charge de l’entretien des espaces verts et du nettoyage de la place.

Piloté de concert par le bailleur social, la Mairie du 3e arrondissement et le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE), le montage du projet a donc impliqué de multiples acteurs…

Jérémy Nguyen : C’est, de mon point de vue, la plus belle réussite de cette aventure immobilière : avoir réussi à mettre l’ensemble des intervenants autour d’une table pendant les dix-huit mois de montage, puis pendant les travaux, et à faire naître un projet partagé et concerté.

Regards croisés sur la Caserne des Minimes (Paris III)
© Augusto Da Silva / Graphix Images 

Choisir VINCI Construction France était-il un gage de fiabilité dans une opération qui serait jugée d’abord sur le strict respect des délais ?

Olivier Imbert : Les équipes de GTM Bâtiment ont relevé ce défi qui constituait un enjeu crucial pour la Ville de Paris. L’architecte a commencé à travailler sur le projet en 2016 et GTM Bâtiment a livré en 2020, qui plus est avec une grande qualité de réalisation. Nous avons conduit ensemble cette opération en seulement quatre ans. C’est naturellement une source de satisfaction.

Quelle est la valeur ajoutée des équipes de VINCI Construction France dans le cadre d’une opération de cette envergure ?

Jérémy Nguyen : Très rapidement, l’encadrement de GTM Bâtiment a compris que le succès de ce projet reposerait sur la coordination et la concertation. Pendant les travaux, les équipes ont ainsi mis en œuvre des points mensuels de copilotage multi-acteurs qui réunissaient formellement les constructeurs, la maîtrise d’œuvre et la maîtrise d’ouvrage. L’idée d’aller un cran plus loin que la réunion de chantier a été adoptée par tous.

Olivier Imbert : Pour ma part, je retiens la technicité des équipes de VINCI Construction France mâtinée de gestes d’une incroyable délicatesse lorsqu’il a fallu travailler cette matière patrimoniale, notamment sur les façades protégées. Pour permettre aux commerces d’être ouverts côté rue et côté cour, les rez-de-chaussée ont été remis à niveau pour favoriser l’accessibilité et les allèges des fenêtres ont été supprimées. Un ensemble d’arches a également été recréé, qui ceinture toute la cour. Pour le bâtiment le plus abîmé qui accueille désormais une crèche de 90 berceaux, GTM Bâtiment a reconstitué les arches disparues et in fine, on ne voit aucune différence. Même réussite dans les combles qui ont été récupérés pour y créer des logements : les chiens-assis réalisés côté cour donnent l’impression d’avoir toujours été là !

Jérémy Nguyen : La force de VINCI Construction France est de pouvoir offrir des compétences intégrées en matière d’études, de méthodes et d’ingénierie, et de mobiliser ensuite en phase d’exécution les moyens humains adaptés aux enjeux. C’est précieux de sentir un plein investissement des équipes lorsque les exigences, les contraintes, les problématiques techniques se multiplient.

Regards croisés sur la Caserne des Minimes (Paris III)
© Augusto Da Silva / Graphix Images 

L’axe prioritaire de la Ville : reverdir Paris ! Végétaliser la capitale apparaît comme une réponse à la crise de la biodiversité et à la nécessaire amélioration du cadre de vie…

Olivier Imbert : Le plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) du Marais imposait que la place centrale de la caserne soit minérale alors que la volonté des élus était d’y intégrer du végétal. Il a fallu concilier ces deux exigences. Les réunions de présentation du projet menées avec les riverains ont majoritairement conforté l’idée de végétalisation de la cour pour en faire un espace de détente et de bien-être avec des murets plantés, des jardinières, des arbres fruitiers et même… un terrain de pétanque !

Avec la restructuration de la caserne des Minimes, Elogie-Siemp conforte ses valeurs et son goût de l’innovation architecturale, environnementale et sociale. Comment la diversité et la mixité se sont-elles inscrites dans le projet ?

Olivier Imbert : Nous avons créé des immeubles sous le signe de la diversité, tant dans les catégories de financement des logements que dans leur typologie (du T1 au T5), avec des loyers maîtrisés et des charges faibles. Nous avons par exemple intégré des colocations étudiantes et des appartements adaptés aux personnes vieillissantes. Les réservataires des logements sociaux sont tout aussi divers avec la Ville, l’État, la préfecture, le ministère de la Culture, le groupe Action Logement, etc.

Jérémy Nguyen : Cette diversité se retrouve également dans les pieds d’immeubles. Huit ateliers artisanaux, un café-restaurant géré par l’association Autisme en Ile-de-France (AeIDF), des locaux commerciaux, un cabinet médical et une galerie d’art ont été désignés très en amont avec la volonté de privilégier des dispositifs qui participeront à l’animation de la cour.

La force de VINCI Construction France est de pouvoir offrir des compétences intégrées en matière d’études, de méthodes et d’ingénierie, et de mobiliser ensuite en phase d’exécution les moyens humains adaptés aux enjeux.

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