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Regards croisés sur Lillenium

À Lille (59), plus de 120 collaborateurs de VINCI Construction France sont mobilisés pour réaliser Lillenium, un complexe commercial à l’architecture sophistiquée, signé Rudy Ricciotti. Galerie commerciale, bureaux et incubateur d’entreprises, hôtel et restaurants, centre de formation et Cité des Enfants : retour sur un projet qui se veut durable, pluriel et citoyen avec Romain Demettre, directeur-général de Vicity, Grégory Dymerski, directeur-général délégué et Arnaud Krzeuvinski, directeur technique. 

Regards croisés sur Lillenium
Romain Demettre, directeur-général de Vicity, Arnaud Krzeuvinski, directeur technique et Grégory Dymerski, directeur-général délégué © Vicity

Comment est né le projet Lillenium ?

Romain Demettre : Il provient d’un constat simple : celui d’un vide. Lorsque nous avons débuté nos réflexions, cette zone de Lille était en plein renouveau. Le quartier était dense et jeune, mais vidé de ses commerces. Nos études montraient plus de 87 % d’évasion commerciale alors que le plus grand bassin d’emplois de la métropole lilloise se trouvait à moins de 5 minutes. Le projet avait un second atout : il contribuait à créer une liaison Est-Ouest qui mettait en relation cet important bassin d’emplois autour du centre hospitalier régional universitaire (CHRU), une zone de chalandises tout aussi importante et ce nouveau quartier en quête de dynamisme.

Avez-vous pu relever le défi d’imaginer de nouveaux espaces d’interaction et d’œuvrer pour l’accessibilité ?

R.D. : Nous voulions que l’accessibilité logistique et culturelle soit au cœur du projet Lillenium. Au-delà du complexe commercial, nous partageons avec VINCI Construction France l’envie de faire bien et beau, utile et citoyen. Nous nous sommes engagés à faire bénéficier les Lillois de nouveaux espaces de loisirs et de culture. Nous avons signé une exclusivité avec l’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), Universcience(1), pour la réalisation, dans le cadre d’un cahier des charges strict, d’une Cité des Enfants. À l’instar de ce qui se fait à la Cité des sciences et de l’industrie de La Villette à Paris (75), l’objectif sera de vulgariser et démocratiser la culture scientifique chez les plus jeunes et de susciter des vocations scientifiques.

Quels étaient les atouts de ce foncier, situé au sud de la ville, entre la Porte des Postes et le CHRU de Lille ?

Grégory Dymerski : Voiture, métro, bus, piéton et vélo : le quartier était au croisement de toutes les mobilités. C’est un lieu idéal pour développer une offre de logements, de commerces et de loisirs. Lorsque nous avons appris que ce foncier, dévolu jusqu’ici à une autre activité industrielle, était devenu disponible, nous nous sommes permis de rêver. Nous pouvions accompagner le Grand Projet Urbain de Lille et ses 450 millions d’euros investis par les pouvoirs publics dans les infrastructures, logements, voiries, équipements sportifs et culturels. Et lorsque la Ville et la Métropole Européenne de Lille (MEL) ont été convaincus que l’implantation d’un complexe commercial de ce type serait un point nodal, un atout décisif pour l’attractivité de ce quartier en totale rénovation urbaine, nous avons foncé !

Regards croisés sur Lillenium
© Ricciotti Stereograph

Ce qui frappe dans la façon dont vous décrivez le projet et qui est assez singulier dans le cadre d’une opération commerciale, c’est votre souci permanent de durabilité. En quoi est-ce l’enjeu majeur de cet ouvrage ?

Arnaud Krzeuvinski : La durabilité passe d’abord par un ouvrage qui dure : un bâtiment qui enchante par son architecture étonnante et intemporelle, un bâtiment qui participe à la qualité de vie et de ville, facile à entretenir par les générations suivantes grâce aux matériaux mis en œuvre. Lillenium vise la certification BREEAM® Very good et les équipes de VINCI Construction France nous accompagne dans les réflexions sur l’optimisation de la performance énergétique.

R.D. : Au-delà d’un projet pérenne de programmation immobilière, nous souhaitons avoir autant que possible une démarche durable et citoyenne. Avec Lillenium, nous apportons des commerces et de la vie dans la cité, là où il y en a besoin. En tant que citoyens, nous avons à cœur que les grands principes collectifs de la COP21 ou du « dernier kilomètre » aient une résonnance dans les actions individuelles que nous menons au quotidien. Alliant mixité sociale et redynamisation économique, les vastes projets urbains cachent parfois des inégalités persistantes. Nous voulions que Lillenium bénéficie immédiatement aux riverains, aux Lillois et aux Métropolitains. Dans ce cadre, nous nous sommes engagés dans une charte pour l’emploi avec la Ville et E.Leclerc (ndr : qui sera exploitant et, pour partie, propriétaire de l’hypermarché à taille humaine au sein du centre commercial) avec deux objectifs : anticiper la formation des jeunes et créer de l’emploi durable et de proximité. En mars 2018, nous avons lancé la Maison Lillenium, c’est-à-dire six bungalows pédagogiques pour présenter le projet et échanger sur les recrutements à venir.

Comment les équipes de VINCI Construction France prennent part aux actions favorisant la bonne intégration du chantier dans le quartier ?

G.D. : Nous avons travaillé conjointement sur une politique d’insertion ambitieuse. Alors que le chantier emploiera en pointe jusqu’à 150 collaborateurs, les équipes de VINCI Construction France se sont engagées à réaliser 35 000 heures d’insertion. Dix jeunes du quartier et quatre réfugiés – trois syriens et un soudanais – ont été embauchés en contrat de professionnalisation d’un an. Les premiers sont formés au métier de coffreur-bancheur avec l’appui de ViE (ndr : VINCI Insertion Emploi, filiale de VINCI en charge d’accompagner les entreprises du Groupe et leurs sous-traitants dans la gestion de leurs clauses d’insertion), les derniers reçoivent des cours en alternance grâce au programme HOPE (Hébergement Orientation Parcours vers l’emploi) de l’Afpa. Cette démarche est le fruit de la conviction partagée entre Vicity et VINCI Construction France qu’un chantier n’est réussi que s’il est performant globalement, dans toutes ses composantes sociale, sociétale et territoriale. C’est un engagement autant quantitatif que qualitatif représentant 10% des effectifs sur le chantier.

Quels étaient les enjeux constructifs de ce projet ?

A. K. : Au regard de la globalisation des marques et des enseignes, le produit ne fait plus vraiment la différence dans un centre commercial. Il s’agit de créer de la différenciation, se distinguer autrement. Avec Lillenium, nous avons choisi d’être le plus disruptif possible, et d’abord en termes architecturaux en s’associant à Rudy Ricciotti qui a imaginé un ouvrage exceptionnel. En tant que leader français du BTP, VINCI Construction France nous accompagne dans cette exigence pour délivrer la façade drapée ou la couverture avec une qualité à la hauteur de la complexité architecturale. En choisissant les équipes de VINCI Construction France, nous cherchions la fiabilité technique, les retours d’expérience des chantiers de centres commerciaux et la compétence des travaux d’envergure, nous avons aussi trouvé le sens du service et l’esprit partenarial.

Regards croisés sur Lillenium
Le chantier vu du ciel © Bocquet

Cet esprit collaboratif est-il la valeur ajoutée des équipes de VINCI Construction France ?

R.D. : Cette dimension humaine nous a séduit. D’autre part, je reste impressionné par la capacité des équipes à gérer de gros chantiers, la maîtrise des opérations, le souci constant de sécurité allié à l’intelligence logistique.

A. K. : Pour ma part, je retiendrais la passion des compagnons. À l’instar d’un directeur de projet qui insuffle cette fierté d’appartenance et cette envie de venir sur le chantier chaque matin, nous partageons leur engagement avec plaisir et leur détermination avec satisfaction.

G.D. : On peut considérer que nous sommes propriétaires d’une voiture prestigieuse et que VINCI Construction France était le pilote qu’il nous fallait : rigoureux, agile et sachant accélérer quand il le faut en maîtrisant le véhicule !

L’étape de terrassements, démarrée en août 2017, s’est achevée à la fin du premier trimestre 2018 avec le montage d’une 5e grue. Que retenez-vous des premières étapes du chantier ?

A. K. : Les équipes ont su prendre en compte et maîtriser un délai tendu grâce à une bonne méthodologie, des arbitrages, une gestion de projet fine et une démarche de valorisation des déblais efficace. Le respect du planning a imposé de grosses cadences, des rotations de camions quotidiennes importantes (ndr : 400 allers/retours de camions par jour) et la primauté aux circuits courts. De plus, des astuces constructives, comme la création d’un décaissé au fur et à mesure de l’avancée des travaux pour éviter de mettre des échafaudages, ont démontré l’ingéniosité des équipes pour gagner du temps et démarrer le chantier sans perdre de temps.

R.D. : C’est tout l’enjeu de cette aventure commune : respecter les délais tout en anticipant et en répondant aux desiderata et aux ajustements des enseignes… que nous ne connaissons pas encore.

(1)Placé sous la double tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation et du ministère de la Culture, Universcience, qui regroupe le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l'industrie, a pour ambition de faire connaître et aimer les sciences d'aujourd'hui ainsi que de promouvoir la culture scientifique et technique.

Nous partageons avec VINCI Construction France l’envie de faire bien et beau, utile et citoyen.

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