Actus & Dossiers / Témoignages

Réseau de fibre optique des Rives de Moselle : témoignage de Frédéric Gatti

De 2012 à la fin 2018, Sogea Est a accompagné la Communauté de Communes des Rives de Moselle dans la construction de son réseau Très Haut Débit (THD), au travers de trois chantiers successifs. Frédéric Gatti, directeur de la régie d’exploitation Rivéo, revient sur ce partenariat et fait le point sur le déploiement du réseau. 
Réseau de fibre optique des Rives de Moselle : témoignage de Frédéric Gatti
DR Collection privée

La Communauté de communes de Maizières-lès-Metz et son délégataire de service, Altitude Infrastructure, avaient fait appel à Sogea Est en 2012 pour concevoir et réaliser les travaux de génie civil d’un réseau de 10 000 prises en fibre optique jusqu’à l’abonné (FTTH). Dans quelles circonstances avez-vous été amené, six ans plus tard, à retravailler avec l’entreprise sur un nouveau projet de réseau THD ? 

Frédéric Gatti : En 2014, l’année même où le réseau Resoptic a été ouvert aux habitants et aux entreprises des 14 communes de l’intercommunalité de Maizières, cette entité territoriale a fusionné avec les six communes du Sillon mosellan, pour donner naissance à la Communauté de communes Rives de Moselle. La moitié de ces six communes disposaient déjà du THD. Restait à équiper les trois autres - soit environ 5 000 prises FTTH à construire. Nous avons créé dans ce but une régie intercommunale d’exploitation, Rivéo. Les travaux ont été effectués en deux temps : en 2016 Sogea Est en groupement avec Sogetrel a pris en charge les travaux de génie civil et de fibre optique du réseau de Hauconcourt, ouvert en avril 2017 ; puis en 2018, nous avons renouvelé notre confiance à Sogea  Est pour la partie fibre optique du déploiement sur deux secteurs de Mondelange et Richemont. Les raccordements ont été réalisés fin 2018, et l’ensemble du réseau sera opérationnel en juillet 2019.

Pourquoi avoir fait pour ce nouveau réseau le choix d’une régie plutôt qu’une concession, et quel est le rôle de Rivéo ?

Frédéric Gatti : Les élus ont estimé que cela permettrait une meilleure maîtrise des opérations. Nous louons notre infrastructure THD à des opérateurs de communication, à charge pour ces derniers d’apporter à nos concitoyens – leurs clients particuliers ou professionnels – les services dont ils ont besoin. J’ai coutume de dire que je suis à la tête de l’une des plus petites régies de France. Aujourd’hui seul un opérateur local, Énergies & Services Hagondange, propose ses prestations sur Rivéo. Cela permet d’offrir un service de qualité et de proximité, mais qui ne répond pas toujours aux attentes des administrés préférant parfois les offres de grands fournisseurs d’accès. Or, ces derniers ont tendance à ignorer les petits Réseaux d’Initiative Publique (RIP) comme le nôtre. Cela commence heureusement à changer. Sur le réseau Resoptic, cinq ans après l’ouverture, nous commençons à voir arriver des opérateurs nationaux.

 

Réseau de fibre optique des Rives de Moselle : témoignage de Frédéric Gatti
© Marc Philippe 

Le recul que vous commencez à avoir sur la commercialisation des prises permet-il d’apprécier le retour d’investissement pour la collectivité ?

Frédéric Gatti : Dans la partie du réseau de Mondelange-Richemont en exploitation, le taux de pénétration atteint déjà 50 % des lots d’ores et déjà commercialisés. C’est beaucoup, mais cela tient en partie au fait que sur le territoire de Richemont, les habitants ne disposaient pas d’un accès internet satisfaisant. Quand cet accès préexiste, offrir 200 ou 500 mégabits de débit ne suffit pas à faire basculer les gens vers la fibre, car ils se satisfont de 15 mégabits pour la plupart des usages courants. Autrement dit, la réussite d’un réseau de fibre optique ne dépend pas, ou pas seulement, de la qualité intrinsèque de l’équipement. Deux leviers peuvent faire la différence : l’arrivée d’un opérateur national, avec des offres de services et de contenus qui incitent à s’abonner, ou celle de nouveaux usages. Tout en engageant des discussions avec des opérateurs qui permettent d’espérer avoir bientôt une réponse positive, nous avons choisi de nous concentrer surtout sur les usages. À titre d’exemple, nous organisons des évènements autour de la domotique, des objets connectés et des services très concrets qu’ils vont apporter dans la vie quotidienne. La finalité étant d’expliquer qu’il faut la fibre pour faire marcher tout cela. Tant qu’on en reste à la lecture de ses e-mails ou de contenus web sur une tablette, un PC ou la télé, le THD n’a pas de sens.

Pour revenir aux chantiers menés avec Sogea Est, voir un génie civiliste spécialisé dans l’eau et l’assainissement se positionner sur les métiers de la fibre optique vous a-t-il posé question ?

Frédéric Gatti : Au départ nous avons été un peu surpris, car en effet nous ne connaissions pas VINCI Construction France pour sa compétence en tirage et raccordements de fibres, mais pour son savoir-faire en génie civil. Quand Rivéo a lancé les marchés, nous l’attendions donc plutôt sur ce volet. Sur les deux plaques de Mondelange-Richemont construites par Sogea Est, tout s’est très bien passé. Les délais ont été respectés, tout a été fait dans les règles de l’art. La partie du réseau entrée en exploitation donne pleine satisfaction. Aujourd’hui je trouve VINCI Construction France presque trop discret sur l’existence de cette nouvelle corde à son arc. Ses équipes ont démontré une vraie maîtrise de ce nouveau métier.

Que retenez-vous de cette collaboration de huit ans ?

Frédéric Gatti : Quand nous avons commencé à travailler ensemble en 2012 sur le réseau Resoptic, je n’avais aucune culture dans le domaine de la construction et de l’exploitation de réseaux. J’ai eu la chance d’avoir affaire à des interlocuteurs qui savaient conduire un projet avec une vraie envie de partager leur savoir. Un climat de confiance a prévalu quand, du fait du jeu des marchés, nous avons retrouvé les équipes de VINCI Construction France à Hauconcourt. Nous avons collaboré dans une forme de conscience collective, où chaque acteur du projet amenait sa pierre à l’édifice sans réduire les échanges à une relation strictement contractuelle. J’ai été également frappé par l’efficacité des méthodes de travail sur le terrain : les travaux sont allés vite, avec même une certaine aisance à passer dans les communes. D’une manière plus générale, nous avons travaillé en confiance avec des professionnels ayant le sens du relationnel avec leurs partenaires locaux et qui ont cherché en permanence à optimiser les délais et les coûts. Pour une collectivité comme la nôtre, il y a une réelle quiétude à faire appel à un acteur tel que VINCI Construction France : on sait que chaque euro investi sera un euro bien dépensé, c’est fondamental dans un contexte où la dépense publique se raréfie.

 

Réseau de fibre optique des Rives de Moselle : témoignage de Frédéric Gatti
© Marc Philippe