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Restructuration du lycée Léon Blum au Creusot : témoignage d’Hélène Caron

Après deux ans de travaux, tout était prêt au lycée professionnel Léon Blum du Creusot en Saône-et-Loire, pour accueillir élèves et personnels à la rentrée scolaire de septembre 2018.  Hélène Caron, ingénieure Travaux chez C3B, revient sur cette opération de restructuration lourde en site occupé aux forts enjeux environnementaux.
Restructuration du lycée Léon Blum au Creusot : témoignage d’Hélène Caron
© Olivier Guerrin

La réhabilitation-extension de cet établissement représente le plus important investissement réalisé par la région Bourgogne Franche-Comté dans un lycée à l’échelle de son territoire. Quels étaient les objectifs du projet ?

Hélène Caron : Il s’agissait de regrouper l’établissement, dont les locaux étaient répartis dans deux lieux historiques distants de 800 m, sur un site unique qui accueille désormais les 1 300 élèves au sein de neuf bâtiments réhabilités et trois bâtiments neufs, totalisant plus de 26 000 m². Cette restructuration complète visait une remise aux normes technique, réglementaire et fonctionnelle du lycée, ainsi qu’une amélioration énergétique du patrimoine bâti. Le tout en permettant à une partie des lycéens et de leurs professeurs de continuer de travailler dans de bonnes conditions pendant la durée du chantier. Les travaux, réalisés par un groupement mené par C3B, ont commencé en juin 2016 et se sont achevés en août 2018.

Première particularité : le lycée se trouve sur une colline. Comment avez-vous maîtrisé cette contrainte naturelle ?   

Hélène Caron : L’une des difficultés tenait en effet à l’existence d’un dénivelé de 20 m entre les points haut et bas du site, posant des problèmes d’accessibilité PMR. Le parti pris a été de relier entre eux les bâtiments existants par des extensions neuves pour fluidifier les circulations. Le traitement architectural des façades a donné une cohérence générale à cet ensemble de bâtiments en abandonnant l’image uniforme du lycée d’origine. Nous avons réhabilité les bâtiments existants pour améliorer le confort, créé des extensions (infirmerie, auvents, etc.), et revalorisé l’espace extérieur grâce à un nouvel aménagement paysager. Le volet construction neuve du projet concernait le restaurant scolaire, dont la charpente a été fournie par Arbonis, des locaux d’enseignement professionnel (couture, coiffure, esthétique, etc.) et des bureaux.

Quels ont été les engagements en termes de performance énergétique ?

Hélène Caron : Un objectif de réduction de 50 % de la consommation d’énergie des bâtiments existants du site. Les constructions neuves étant aux normes basse consommation, l’effort a porté sur la rénovation thermique et fonctionnelle. Isolation par l’extérieur, procédé pragmatique de « panneaux sandwich » sur couvertures existantes, changement des menuiseries, installation d’une ventilation mécanique contrôlée double flux, changement des systèmes de production de chaleur, nouvelles centrales de traitement d’air : toutes ces transformations ont contribué à rendre les bâtiments intelligents et économes.

 

Restructuration du lycée Léon Blum au Creusot : témoignage d’Hélène Caron

 

Comment avez-vous géré les exigences d’une restructuration lourde en site occupé ?

Hélène Caron : La maîtrise du planning de l’opération a représenté un vrai enjeu. Il n’y avait pas assez d’espace disponible sur l’ancien site pour libérer de toute occupation les bâtiments du futur site. Les montages et les déplacements de grues comme les travaux les plus lourds ont été effectués pendant les périodes de vacances afin de ne pas perturber la scolarité de plusieurs centaines d’élèves, et le travail des professeurs et personnels administratifs encore présents pendant l’opération. Au vu de la multitude d’intervenants et du public, les impératifs de sécurité nous ont conduits à nous assurer en permanence de la fermeture des accès au chantier et du respect des circulations chantier et accès public.

L’opération a fait l’objet d’un marché de conception-réalisation-exploitation-maintenance. Quels ont été les rapports entre les acteurs dans le cadre de ce CREM ?

Hélène Caron : VINCI Facilities (VINCI Energies), qui assurera la maintenance pendant trente-six mois, a été associé dès le départ pour nous aider dans la conception et la réalisation, en nous alertant sur d’éventuels aléas liés aux process techniques de chauffage, ventilation et climatisation (CVC), plomberie, électricité. Au-delà du partage d’expérience, cette offre globale participe à la valeur ajoutée de VINCI Construction France. Le client n’a eu qu’un seul interlocuteur C3B, ce qui a permis une coordination mieux dimensionnée, davantage de proximité avec l’ensemble des acteurs et une plus grande maîtrise de l’opération en termes de qualité, de technicité et de planning. Entre le constructeur, le lycée et la Société Publique Locale Aménagement de l’Agglomération Dijonnaise (SPLAAD), maître d’ouvrage délégué pour la Région, s’est construit un riche dialogue. Le programme étant assez ancien ; au fil des réunions nous avons pu le faire évoluer pour mieux répondre aux besoins des usagers.

La restauration de la fresque « Les Plongeurs » d’Édouard Pignon, l’un des artistes majeurs de la Nouvelle École de Paris, a dû faire sens pour vous qui étiez auparavant spécialisée dans les monuments historiques au sein de la filiale de VINCI Construction France Chanzy-Pardoux ?

Hélène Caron : Je faisais mes armes en entreprise générale, mais j’ai très vite retrouvé mes réflexes patrimoniaux. Cette fresque monumentale de plus de 40 mètres de long et quatre mètres de haut, composée d’un assemblage d’environ 1 000 carreaux en pierre de Volvic émaillée, orne depuis 1974 l’un des murs de la cour du lycée. Certaines de ces pièces étaient cassées ou dégradées par le gel. Frédéric Véançon, un artiste spécialisé dans la restauration d’ouvrages d’exception, et C3B se sont chargés de déposer les parties abîmées et de combler les manques en recréant des carreaux se rapprochant au mieux de l’existant en termes de couleurs et de matières. La fresque reprendra sa place au printemps 2019.