Actus & Dossiers / Chantiers du mois

Tour de forces !

Haute de 165 mètres, à la fois ouverte sur un quartier de La Défense (92) en perpétuelle régénération et accueillante pour ceux qui y travaillent, la tour Saint-Gobain illustre la capacité de VINCI Construction France à bâtir des immeubles de grande hauteur (IGH) avec inventivité et sens de la durabilité. Sur le chantier, compétences en développement immobilier et savoir-faire techniques se sont conjugués. Un concentré d’expertises.

Tour de forces !
© Sergio Grazia

Avec son pied, son corps et sa tête, cette tour ressemble à une personne qui, vue du parvis de La Défense, semble se pencher en signe de bienvenue…

C’est dans cet écrin que Saint-Gobain a emménagé début 2020. Un édifice de 44 niveaux avec, au rez-de-chaussée, 1 000 m² d’espaces publics et un showroom de 300 m² valorisant le savoir-faire du groupe industriel, qui a fait de son nouveau siège la vitrine de ses expertises. « Installation d’une bâche acoustique et utilisation de pinces hydrauliques moins bruyantes que les brise-roche hydrauliques (BRH) habituels au moment de la démolition, coulage du radier en béton autoplaçant pour minimiser les vibrations, flux de camions limité : nous avons veillé à maîtriser les interactions avec notre environnement pour garantir un cadre de vie le plus paisible possible aux riverains », explique Marc Guerpin, directeur Grands projets, Bateg.

Dans une démarche de co-construction avec ses parties prenantes, VINCI Construction France a travaillé à ce que l’insertion urbaine du chantier soit à l’image d’une opération qui visait, dès le départ, une haute qualité environnementale (LEED®, BREEAM®, NF HQETM et Effinergie+). Le projet a été pensé par Generali Real Estate, avec l’appui de Hines, puis porté par Adim Paris Ile-de-France, à partir de novembre 2016 : « Un véritable avantage, puisque le maître d’ouvrage fait partie de la famille VINCI Construction France et déploie une démarche créatrice de valeur pour l’investisseur et le preneur », précise Marc Guerpin. Pour sa part, Stéphanie Euzenat, directrice de projets immobiliers, Adim Paris Ile-de-France, confirme la réussite du duo développeur-constructeur : « Cela nous a confortés, surtout au moment de relever des défis d’ampleur. Fonctionner en maîtrise d’ouvrage intégrée permet d’optimiser certains processus décisionnels : cet atout est essentiel pour faire face aux nombreux challenges qui président à la création d’un tel ouvrage. »

Logistique millimétrée et technicité adaptée

Pendant plus de trois ans, Bateg a œuvré pour donner vie à un projet dont la première complexité était logistique. Avec une emprise au sol réduite et la proximité de trois IGH, les flux en continu étaient rationalisés. Les matériaux arrivaient le jour – avec un cheminement distinct pour le béton – et les déchets repartaient la nuit. Tout composant déposé au pied de la tour devait monter au plus vite dans les étages, sous peine d’encombrer la surface de stockage déjà exiguë. Au fur et à mesure de l’avancée de l’opération, VINCI Construction France a dû libérer les abords de la tour afin que l’aménageur du quartier puisse réaliser les travaux de voirie. Une méthode constructive traditionnelle, sans recours au coffrage autogrimpant comme c’est souvent le cas sur les IGH, a été retenue. Cette solution imposait de tenir des cadences de six jours par étage pour le gros œuvre. Ultime morceau de bravoure : le montage de la tête de tour, un rhomboèdre en porte-à-faux, avec vitrage SageGlass® et charpente assemblés grâce à quatre plates-formes élévatrices bi-mât accrochées au niveau du débord !

Full BIM : atout maître

De la conception à la livraison, les équipes ont pu compter sur la maquette numérique, partagée entre les bureaux d’études de VINCI Construction France (Structures Ile-de-France et Structures Engineering) dès la phase amont, puis entre tous les intervenants en phase d’exécution. « L’usage du BIM (Building Information Modeling), de Revit® et d’Enscape™ a permis une visualisation en 3D plus parlante et plus réaliste qu’un plan 2D classique, explique Guillaume Brugallé, directeur de la production des travaux intérieurs du projet, Bateg. Grâce à cette démarche collaborative, il est plus aisé d’extraire des données et de les comparer pour mieux ordonnancer et fiabiliser les étapes de production. » À l’issue du chantier, le BIM facilite aussi les opérations préalables à la réception ou à la livraison (contrôles de conformité et de qualité). « Nos partenaires et nos sous-traitants ont pu enrichir le dossier des ouvrages exécutés (DOE) numérique, précise l’ingénieur. Pour les mainteneurs, la traçabilité est totale. » Dans la tour en construction, même les compagnons ont eu recours à la maquette numérique sur tablette via les solutions digitales de Sixense (VINCI Construction) ou en utilisant le totem digital de chantier.

Réduire, réutiliser, valoriser

Métal, bois, plâtre, carton et DIB (déchets industriels banals comme les résidus de balayage) ont été trié dans des bacs de couleurs différentes. Sur le chantier de la tour Saint-Gobain, les équipes ont mis en œuvre une politique zéro déchet. Elles ont valorisé près de 90% des matières et matériaux, et favorisé le réemploi, en recourant par exemple à des racks réutilisables plutôt qu’à des palettes.

Lire le témoignage de Fabrice d’Ornano, directeur du projet et directeur d’exploitation de la tour, et Thomas Peranzi, chef de projet immobilier du nouveau siège de Saint-Gobain sur ce chantier.