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Centre hospitalier de Libourne : témoignage de Philippe Samson

Pour mieux repondre aux besoins sanitaires de son territoire, le centre hospitalier de Libourne (33) fait peau neuve. Retour sur le chantier et ses enjeux avec Philippe Samson, chef de projet et directeur des fonctions techniques et travaux du centre hospitalier de Libourne.

Centre hospitalier de Libourne : témoignage de Philippe Samson
Phillipe Samson, chef de projet et directeur des fonctions techniques et travaux du centre hospitalier de Libourne © Richard Nourry

Quels étaient les objectifs du projet ?

Il s’agit d’une reconstruction partielle du centre hospitalier, dont les parties conservées avaient été récemment rénovées. Le bâtiment neuf de 44 000 m² sur six étages va abriter le plateau de consultations de médecine, chirurgie et obstétrique, ainsi que les chambres d’hospitalisation et les services d’hébergement. Avec 477 lits, 33 places en hôpital de jour et 60 salles de consultations, l’objectif est de mieux répondre aux exigences de santé du territoire et de construire l’outil dont nous aurons besoin dans les trente prochaines années, dans un secteur en mutation avec, par exemple, le développement rapide des soins ambulatoires.

Construire pour l’avenir, c’est imaginer un bâtiment très évolutif ?

C’est la clé et cela conduit à des choix structurels, tels que des planchers sans retombées de poutres pour créer de grands espaces modulables. D’un point de vue fonctionnel, nous souhaitions une architecture offrant des frontières souples entre les services, pouvoir ajuster les capacités d’accueil en consultations et en lits selon la demande, et c’était l’un des points forts du projet du groupement conduit par GTM Bâtiment Aquitaine.

Pourquoi avoir opté pour un marché en conception-réalisation ?

L’ingénierie hospitalière en France est depuis longtemps favorable à cette façon de procéder qui permet de gagner du temps sur la phase d’appel à projets et de fiabiliser les coûts et les délais de construction. Le maître d’ouvrage confie à l’entreprise générale des responsabilités qu’elle est autant sinon plus, capable d’assumer que lui-même, avec l’avantage de pouvoir les gérer sans les contraintes des marchés publics. Avoir un seul contractant, surtout quand il a derrière lui les forces d’un groupe tel que VINCI, est un gage de sécurité en cas de défaillance d’un intervenant. J’étais donc convaincu de la pertinence du mode opératoire avant ce chantier, et je le reste après.

Avez-vous des exemples de solutions constructives apportées par le groupement ?

Outre leurs performances acoustiques et thermiques, les murs de façade à ossature bois d’Arbonis se sont avérés très efficaces en matière de maîtrise des délais, puisque les éléments de façade ont été mis en place en un temps record dès la fin du gros oeuvre. Et l’évolutivité est au rendez-vous : il suffira demain de les démonter pour réaliser par exemple une extension du bâtiment, en évitant des travaux de démolition.

Comment a été gérée la mitoyenneté du chantier avec l’hôpital ?

La nouvelle construction vient s’accoler à des façades de bâtiments abritant, entre autres services, le bloc opératoire et les salles d’accouchement. Tout a été fait pour minimiser les nuisances du chantier, qu’il s’agisse du bruit, des poussières ou des vibrations. De même, le phasage des opérations a été pensé de manière à éviter de perturber le fonctionnement d’un établissement de soins qui ne s’arrête jamais. Le raccordement de la construction neuve aux bâtiments existants, qui se fait par trois liaisons principales mais 36 points de connexion au total, a fait l’objet de 36 microchantiers, chacun donnant lieu à un suivi spécifique par un binôme maître d’ouvrage-constructeur.

Quelle a été la valeur ajoutée du pavillon témoin construit sur le site du chantier ?

Dans un projet d’une telle dimension, il faut pouvoir disposer le plus en amont possible d’une vision complète de ce que l’on va construire. Le pavillon témoin de 200 m² a permis d’échantillonner des espaces ensuite déclinés. Côté hôpital, cela a facilité les arbitrages, car les entreprises ont pu valider très tôt et optimiser les manières de construire pour prévoir jusqu’à l’implantation des prises électriques et le choix des peintures.

Quel regard portez-vous sur le déroulement des opérations à la livraison du nouvel hôpital et avant la mise en service début 2018 ?

La réussite d’une collaboration de ce type est liée à des cultures d’entreprise, mais aussi et surtout aux hommes. Les relations avec les équipes du groupement ont été à la fois professionnelles et consensuelles, toujours constructives car basées sur l’écoute réciproque. La qualité du dialogue a permis de maîtriser les modifications du projet, de prendre pleinement en compte la maintenance et l’utilisation futures du nouvel hôpital. La finalité n’est pas pour nous de construire, mais de nous doter de l’outil le mieux adapté aux besoins des équipes de santé, de la population et du territoire.

La qualité du dialogue a permis de maîtriser les modifications du projet, de prendre pleinement en compte la maintenance et l’utilisation futures du nouvel hôpital.

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