Actus & Dossiers / Chantiers du mois

Centre national de tir sportif, la précision en ligne de mire

Avec la conception et la réalisation du Centre national de tir sportif (CNTS) de Châteauroux, dans l’Indre, le groupement mené par Sogea Centre, filiale de VINCI Construction France, a su proposer des solutions innovantes, écoresponsables dans les délais et le budget impartis. Avec, pour impératif, le confort et la tranquillité des riverains et des usagers. 

Le cinquième sport le plus pratiqué au monde

Depuis 2010, le nombre de licenciés à la Fédération française de tir (FFTir) a fait un bond de 140 000 à 220 000 et impulsé la réalisation du Centre national du tir sportif (CNTS). En 2012, grâce à l’acquisition de 78 ha situés dans l’enceinte de l’ancienne base de l’Otan, près de Châteauroux (36), la FFTir lance son grand projet. Le centre doit en effet accueillir jusqu’à 5 000 personnes et permettre à 400 tireurs d’entrer simultanément en action.

Un ambitieux projet unique en Europe

La FFTir a confié la conception-réalisation de son ambitieux projet à un groupement mené par Sogea Centre et comprenant Eurovia, Tunzini (VINCI Energies) et VINCI Construction Terrassement. Cet objet unique en Europe pourra accueillir toutes les disciplines actuelles de tir sportif et concentre un ensemble de problématiques balistiques, acoustiques et environnementales qui ne se rencontrent sur aucun autre chantier. Pour répondre aux desiderata de la FFTir, Sogea Centre s’est adjoint le concours de deux experts, en balistique et en acoustique. Les équipes chargées de la conception et des travaux ont d’emblée été confrontées à leurs exigences et ce, dès le terrassement.

De lourdes contraintes balistiques et acoustiques

Pour respecter la sécurité balistique, second défi du projet, il fallait créer un « tunnel » empêchant les balles de s’évader des cônes de tir. Sogea Centre a trouvé la solution en concevant des poutres en bois lamellé-collé de grande portée, ce qui a permis de limiter le nombre de poteaux. Autre sujet de taille : l’acoustique. Il fallait assurer non seulement le confort des personnes – tireurs et spectateurs – situées à l’intérieur de l’enceinte, mais aussi la tranquillité du voisinage. Pour éviter les réflexions sonores, les parois des stands de tir à courte distance ont été tapissées de 25 mm de fibre de bois et de 75 mm de laine de roche, tandis que le plafond était perforé et doublé de 200 mm de laine de verre. Derrière les tireurs des stands de tir à courte distance (jusqu’à 50 m), l’isolation acoustique en sous-face des toitures assure une atténuation de 40 dB (A) et protège les spectateurs.

Limiter les impacts environnementaux

Dernier enjeu clé de ce chantier, la préservation de l’environnement qui a débouché sur des dispositions spécifiques pour éviter que les résidus de balles ne polluent les terres et la nappe phréatique. La pente du merlon du stand de tir au plateau situé en bout de champ de tir a été revêtue d’une géomembrane de 420 m de long sur 26 m de large afin que les plombs puissent glisser jusqu’à une rigole où ils pourront être récupérés. Par ailleurs, les équipes de Sogea Centre ont créé quatre bassins de récupération des eaux. Le quatrième bassin évitera le risque d’inondation en cas de fortes pluies. Afin de minimiser l’impact sur l’environnement, aucune sortie ou entrée de terre n’était possible. Les équipes devaient respecter une tolérance de moins de 5cm sur les 7m de dénivelé d’un bout à l’autre des champs de tir alors qu’il a fallu déplacer 550 000m3 de terrain. Enfin, les équipes ont déplacé sur 200 m une variété rare de fougère, l’Ophioglossum vulgatum, aussi appelée langue de serpent.

Un centre déjà très sollicité

 En août 2017, soit un mois à peine après sa réception, le CNTS accueillera les championnats du monde de tir sportif de vitesse, qui devraient attirer sur le site plus de 5 000 personnes, dont 3 000 tireurs. Et l’installation sportive est déjà sur les rangs pour héberger d’autres compétitions programmées en 2019 tels que les jeux universitaires ou les championnats du monde d’arbalète. 

Lire le témoignage de Bruno Valluet, secrétaire général de la FFTir