Actus & Dossiers / Témoignages

Déviation de la RN19 à Boissy-Saint-Léger : témoignage du responsable d'opérations à la DiRIF

À Boissy-Saint-Léger, dans le Val-de-Marne, la déviation souterraine de la RN19 a été réalisée dans des conditions particulièrement contraignantes. Le regard de Mathieu Durand, responsable d'opérations à la Direction des routes d'Île-de-France (DiRIF), sur les enjeux d'un chantier complexe et sur les objectifs poursuivis par le maître d'ouvrage.

Déviation de la RN19 à Boissy-Saint-Léger : témoignage du responsable d'opérations à la DiRIF
Mathieu Durand, responsable d'opérations à la Direction des routes d'Île-de-France (DiRIF)

Quels étaient les objectifs de ce chantier ?

La RN19 est un axe majeur au sud-est de Paris qui relie l’A86 et la Francilienne par la RN 406. Elle supporte un trafic de plus de 40 000 véhicules par jour, dont de nombreux poids lourds. Le passage dans le centre-ville de Boissy-Saint-Léger engendre des encombrements très importants aux heures de pointe, ce qui entraîne des nuisances pour les riverains. Le chantier de la tranchée couverte constitue le maillon central du projet de déviation de la RN19 à Boissy-Saint-Léger. Il avait un double objectif : améliorer la sécurité des usagers et la qualité de vie des riverains, mais aussi fluidifier la circulation et améliorer les échanges entre l’A86 et la Francilienne.

Quelles contraintes a-t-il fallu surmonter ?

Il s’agit d’un chantier dual, urbain et forestier, avec des contraintes spécifiques. Il fallait limiter les nuisances occasionnées aux riverains (bruit, poussières, vibrations) tout en veillant au respect du milieu naturel (filet anti-batracien, gestion de l’eau, des déchets).

Quelles exigences spécifiques avez-vous posé au groupement chargé de la réalisation ?

Avec le maître d’œuvre et un coordonnateur environnemental, nous avons défini des exigences particulières détaillées dans un plan de management environnemental : limiter les poussières par arrosage des pistes de chantier ; maintenir la propreté des voiries grâce à un lave-roue ; interdire l’usage du trépan et limiter la puissance des brise-roche hydrauliques ; enfin assurer un suivi mensuel de la qualité et de la hauteur des eaux souterraines. Il était aussi prévu de maintenir la circulation des véhicules sur la rue de Sucy et des piétons sur l’allée de la Princesse.

En quoi ce chantier répond-il aux attentes des automobilistes et des riverains ?

La déviation permettra de gagner du temps en supprimant la congestion rencontrée actuellement de part et d’autre du centre de Boissy-Saint-Léger aux heures de pointes du matin et du soir. Le volume de trafic transitant par le centre-ville devrait être divisé par 5. Cela réduira les nuisances causées aux riverains, la déviation se faisant en tunnel dans la partie urbaine, mais aussi les risques pour les automobilistes, tout en améliorant la desserte en transport en commun de la gare RER de Boissy.

Que pensez-vous des prestations du groupement d'entreprises ?

Malgré les difficultés rencontrées lors du forage des parois moulées du fait de la présence de roches enfouies dans la zone Sucy-Picot-Mercière, le groupement a su mobiliser des moyens supplémentaires conséquents pour tenir le planning. Sur la protection de l’environnement, il a aussi parfaitement répondu à nos attentes, allant même au-delà de certaines exigences. Ce fut le cas avec l’emploi d’une balayeuse permanente sur les pistes et les abords du chantier, la mise en place d’une bâche acoustique au droit d’un groupe scolaire, le suivi hydrogéologique hebdomadaire et la revalorisation des déblais excédentaires, je pense notamment au réemploi de l’argile verte pour étancher des bassins de stockage.

Comment jugez-vous la qualité de la relation avec les riverains...

Le groupement s’est montré à l’écoute des riverains les plus proches du chantier, du maître d’ouvrage et de la ville afin de limiter au maximum la gêne occasionnée. Il a informé les riverains en amont de certaines phases sensibles, ce qui a permis une meilleure compréhension et acceptation de l’inconfort rencontré ponctuellement, mieux accepté.

et la qualité des solutions techniques proposées ?

Le groupement a parfaitement su adapter ses méthodes aux difficultés rencontrées mais a aussi su proposer des adaptations du projet afin de limiter les nuisances. Il a par exemple élaboré des parois hautes qui ont évité des travaux générateurs de bruit.

En savoir plus sur le projet et lire le témoignage de Karim Zidouh, directeur Travaux, maîtrise d'oeuvre Arcadis.