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Déviation de la RN19, les défis de travaux en milieu périurbain

A Boissy-Saint-Léger, dans le Val-de-Marne, la déviation souterraine de la RN19 a été réalisée dans des conditions particulièrement contraignantes, en utilisant notamment un béton innovant capable de résister à des températures de 1 200°C. 

Déviation de la RN19, les défis de travaux en milieu périurbain
© Aline Boros

Un chantier aux nombreux défis

En voiture, il suffira de quelques poignées de secondes pour la franchir. Après sa mise en service fin 2019, les 750 m de la déviation souterraine de la RN19 à Boissy-Saint-Léger se fondront dans le paysage familier aux usagers de la route. Rien ne rappellera les défis qu’il a fallu relever depuis 2014 pour mener à bien ce chantier. A commencer par sa localisation, en pleine ville. Les équipes ont dû se contenter d’une emprise très réduite, de moins de 50 m de large sur 1,7 km de long. Autre contrainte : le maintien en circulation de trois voies traversant le chantier, engagement de l’Etat vis-à-vis de la ville. Il a fallu créer une déviation et limiter l’interruption de circulation à l’une des voies pendant une durée de sept mois. A ces premières contraintes s’ajoute la très grande proximité des riverains, dont les premières habitations sont à 5 m de la paroi moulée.

6 000 heures d’ingénierie

Le projet prévoyait la réalisation d’une tranchée couverte de 750 m, comprenant deux parois extérieures de 1 m d’épaisseur et une paroi centrale de 80 cm ; soit une longueur totale de 2,5 km de paroi moulée. Il fallait donc engager simultanément les équipes chargées du terrassement, des fondations et du génie civil ; une gageure, car mobiliser des métiers très différents, exposés à des risques spécifiques, sur une emprise réduite, a rendu le phasage particulièrement complexe. En amont, ce chantier a demandé six mois de préparation et 6 000 heures d’ingénierie.

Une formulation innovante pour limiter « l’écaillage »

Au-delà de la qualité de l’organisation, renforcée par la culture commune à toutes les entreprises du groupement, ce chantier a aussi mis en exergue les capacités d’innovation du Groupe. Ce type d’ouvrage souterrain doit résister pendant deux heures à un feu d’hydrocarbures pouvant atteindre 1200 °C à 1 300 °C, ces températures entraînent un phénomène d’écaillage. L’eau contenue dans le béton se transforme en vapeur et le fait éclater, provoquant des projections parfois dangereuses. Une formulation spécifique a donc été mise au point en interne, qui incorpore des fibres synthétiques en prolypropylène. En présence d’une forte chaleur, elles fondent et assurent, par capillarité, l’évacuation de la vapeur d’eau, ce qui réduit fortement le phénomène d’écaillage. C’est la première fois qu’une telle formulation est utilisée pour des fondations profondes (parois moulées).

Label Attitude Environnement

La protection de l’environnement a aussi fait l’objet de mesures très poussées : bassins de retenue et de décantation en amont et en aval du chantier pour filtrer les eaux avant leur rejet ; filets pour éviter aux batraciens du secteur de se retrouver sous les roues des engins en circulation ; enfin, tri systématique du bois, du métal, du plastique et des huiles. L’obtention du label Attitude Environnement sur ce chantier confirme ces préoccupations.

Un chantier en lien constant avec les riverains

Les échanges avec les riverains n’ont pas échappé à cet élan d’innovation. Une fois par mois, après s’être inscrits à la mairie, une vingtaine d’entre eux purent visiter le chantier pour constater l’avancement des travaux et poser des questions. Une visite de chantier a également été organisée à destination des élèves dans le cadre d’un partenariat avec la Cité des métiers.

En savoir plus sur le projet

Lire le témoignage de Karim Zidouh, directeur Travaux, maîtrise d'oeuvre Arcadis

Lire le témoignage de Mathieu Durand, responsable d'opérations, maîtrise d'ouvrage Direction des routes d'Île-de-France (DiRIF)