Actus & Dossiers / Témoignages

Ecluse de Rochetaillée-sur-Saône : témoignage d'Yvan Hanriot

Allonger une écluse de dix mètres, en n’interrompant le trafic fluvial que pendant… dix jours, telle est la prouesse réalisée par le groupement d’entreprises mené par VINCI Construction France. Yvan Hanriot, adjoint du bureau d’études de Lyon de Voies Navigables de France (VNF), en charge du suivi des travaux de l’écluse de Rochetaillée-sur-Saône, revient sur les enjeux et le déroulement de l’opération.

Ecluse de Rochetaillée-sur-Saône : témoignage d'Yvan Hanriot
Ecluse de Rochetaillée-sur-Saône © Damien Lachas

Pourquoi l’allongement de l’écluse de Rochetaillée était-il devenu nécessaire ?

Ces travaux de modernisation étaient une étape essentielle dans l’amélioration du service aux transporteurs de fret et de personnes de l’axe Rhône-Saône, dont le trafic progresse chaque année. L’écluse de Couzon, située juste au nord de Lyon sur la commune de Rochetaillée-sur-Saône, se distinguait des autres écluses du parcours par sa longueur plus courte, proche de 180 m. Or, aujourd’hui, les convois de 190 m sont devenus la norme : il s’agit de la longueur atteinte par deux barges et un pousseur. Pour franchir l’écluse, ces convois devaient donc se désaccoupler, entraînant une importante perte de temps - entre deux et quatre heures. Depuis la fin des travaux, le passage ne prend plus que 20 minutes. De plus, il s’effectue dans des conditions de sécurité optimales, puisque l’allongement s’est accompagné de la construction d’un mur-guide et d’une estacade, qui facilitent l’accès des convois dans le sas.

Quelle est, aujourd’hui, l’importance de l’axe fluvial Rhône-Saône ?

Le transport fluvial représente un mode de transport du fret performant, et très intéressant dans le contexte de saturation des axes routiers et de mise en œuvre de la transition énergétique. Un convoi poussé à deux barges transporte l’équivalent de 200 camions ou 4 trains.

L'axe fluvial Rhône-Saône est une voie navigable à grand gabarit, longue de 550 km entre le technoport de Pagny (21) et le débouché maritime. L’amélioration de ses infrastructures était prévue par le Contrat de Projet Interrégional Etat-Région (CPIER) 2007-2013, dans le cadre du Plan Rhône, afin de favoriser le développement économique et d’améliorer la desserte des ports de Marseille et de Sète.

En 2014, ce sont plus de 5 000 bateaux de commerce qui ont circulé sur l’axe Rhône-Saône, représentant un trafic total de 1,9 million de tonnes.

Quels étaient les principaux défis de ces travaux ?

Pour réaliser les aménagements nécessaires, le défi était à la fois technique et organisationnel. Dès le début du projet, les équipes se sont lancées dans une course contre la montre !

D’abord, ce sont les études et travaux préparatoires qui ont dû être menés dans un délai très réduit, entre la notification du marché, en août 2015, et l’interruption de la navigation fluviale, le 6 mars suivant.

Ensuite, les équipes travaux ont réalisé une véritable prouesse, car l’opération d’allongement proprement dite devait impérativement être effectuée en dix jours, suivant des dates fixées deux ans à l’avance. La « fenêtre de tir » correspondait à la durée maximale possible pour une interruption totale du trafic fluvial sur une voie à grand gabarit telle que la Saône. Dès l’aube, le 17 mars 2016, de nombreux bateaux se pressaient aux portes de l’écluse, attendant sa réouverture, faite exactement dans les temps !

Quel est votre regard sur l’expertise apportée par VINCI Construction France sur cette opération ?

D’un point de vue technique, l’opération a été menée de main de maître, de la finalisation du coffrage métallique préfabriqué sur site, à sa descente dans l’ouvrage le jour J. Les nombreux travaux préparatoires et les simulations effectuées ont permis aux équipes de réagir et de s’adapter immédiatement aux aléas rencontrés. Pour la réalisation du mur-guide, des navigants ont été consultés, afin d’élaborer un phasage des travaux réduisant drastiquement tout risque de collision.

De notre côté, nous avons aidé le groupement à négocier avec l’inspection du travail les dérogations nécessaires à l’avancée du chantier 24 heures sur 24, tout au long de la phase d’interruption du trafic.

Au final, il s’agit indéniablement d’une belle réussite collective : l’ensemble des collaborateurs du groupement d’entreprise a su mettre les bouchées doubles, supportant en plus des conditions météo difficiles, qui ont entraîné une crue au début de la période de chômage, et des températures plus basses que prévu.

Les nombreux travaux préparatoires et les simulations effectuées ont permis aux équipes de réagir et de s'adapter immédiatement aux aléas rencontrés.

En savoir plus sur les travaux d'allongement de l'écluse de Rochetaillée-sur-Saône