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Génie civil haute précision

Depuis janvier 2016 et jusqu’à mars 2018, le groupement Campenon Bernard Nucléaire, Nuvia Structure et Neveu, construit les bâtiments abritant les groupes électrogènes devant assurer, en dernier recours, l’alimentation électrique de 20 réacteurs nucléaires.

Génie civil haute précision
Bâtiment abritant un diesel d'ultime secours (DUS) sur le site nucléaire de Civaux (86) © Willy Berré

Secours électrique des réacteurs nucléaires

Le 11 mars 2011, un tsunami d’une ampleur inédite a dévasté la centrale nucléaire de Fukushima, en noyant notamment le circuit de refroidissement du réacteur et provoquant ainsi la fusion du combustible. Cette catastrophe a déclenché une réévaluation des systèmes de sécurité à travers le monde. En France, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a cerné trois risques majeurs : la perte d’approvisionnement en eau froide et une mauvaise gestion de la crise. Pour éliminer le risque de perte d’alimentation électrique, EDF va doter chacun des 58 réacteurs français d’un bâtiment spécifique abritant un groupe électrogène pour alimenter les installations en cas de défaillances successives de tous les systèmes déjà existants. Baptisé DUS (diesels d’ultime secours), ce dispositif délivrera une puissance de 3 MW en toute autonomie pendant soixante-douze heures, grâce à une alimentation en fioul.

Deux prototypes ont déjà été réalisés et livrés par le groupement Campenon Bernard Nucléaire - GTM Normandie Centre -  Nuvia Structure sur la centrale nucléaire de Saint- Laurent-des-Eaux (41). EDF a lancé un appel d’offres global en 2015 portant sur 52 DUS. Le groupement Campenon Bernard Nucléaire - Nuvia Structure - Neveu, s’est vu confier le marché le plus important avec la construction de 20 DUS dont deux en option.

Un niveau d’exigence élevé

L’expérience du Groupe dans le secteur est d’autant plus utile que les défis sont multiples. Il faut en effet réaliser la construction simultanée de l’ensemble des diesels d’ultime secours sur cinq centrales réparties sur le territoire (Tricastin, Cruas, Bugey, Blayais et Civaux) ; il s’agit de 20 bâtiments identiques, imposants – 24 m de long, 12 m de large et 15 m de haut –, mais surtout particulièrement solides pour pouvoir résister à des événements extrêmes.

La principale complexité du projet vient de l’exigence de sécurité nucléaire imposant des procédures strictes et spécifiques et un niveau de tolérance inhabituel pour un ouvrage de génie civil.

Digitalisation et industrialisation des process

Pour relever un tel défi, les équipes ont été formées en interne sur un chantier école pour une appropriation en amont des outils et des techniques.

Le digital est aussi un axe important d’excellence, avec une utilisation poussée du BIM (Building Information Modeling), y compris pour la modélisation du ferraillage, de l’ensemble des inserts, de leurs outils de pose, ainsi que des coffrages et matériels de construction. Cela permet de mieux anticiper et de mieux définir les besoins.

La maquette numérique a également été exploitée sur chantier, avec notamment son impression 3D pour une utilisation pédagogique auprès des équipes, et la réalisation d’un serious game de formation à la sécurité adaptée aux contraintes particulières de ce projet. Une organisation industrielle des chantiers a été définie sur chaque site, associant la sécurité à toutes les étapes du processus. Cela a permis de maîtriser les plannings extrêmement tendus, d’obtenir un niveau de qualité d’une exigence exceptionnelle et uniforme sur les 20 bâtiments construits. Grâce à ce chantier, les équipes ont considérablement élevé le niveau de culture sécurité.

 

Ce marché est riche de retours d’expérience et permet à nos filiales GTM Ouest, GTM Normandie Centre, Campenon Bernard Régions, Campenon Bernard Nucléaire et Neveu de monter en compétences et de renforcer le partenariat de VINCI Construction France avec EDF dans le domaine du génie civil nucléaire.