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Iter Vitae, un ensemble urbain multigénérationnel à Lille (59)

À Lille (59), VINCI Construction France s’active pour réunir deux Ehpad en une seule entité et en faire l’emblème d’un quartier restructuré de près de 42 000 m2. Jean-Claude Thiriez, président de l’association Féron-Vrau, évoque la philosophie environnementale et sociétale de cette opération, partagée avec les constructeurs et les experts en développement immobilier.

Iter Vitae, un ensemble urbain multigénérationnel à Lille (59)
Jean-Claude Thiriez, président de l'association Féron-Vrau et de l'Institut catholique de Lille (59). ©Jonathan Alexandre

Près de la Porte des Postes, vous disposiez de deux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Quelle était votre problématique initiale ?

Nous exploitons deux résidences distantes de quelques centaines de mètres : les Ehpad Marguerite-Yourcenar et Notre-Dame-d’Espérance. Ce dernier a été construit il y a vingt-trois ans sur un terrain que nous possédons et qui est également occupé par un établissement pédiatrique à l’abandon, l’hôpital Saint-Antoine. Depuis sa fermeture en 1991, cet hôpital avait été squatté, puis réquisitionné par la commune comme logements d’urgence. La question était simple : comment unifier ces deux Ehpad sur un site optimisé et valoriser le foncier restant, une fois l’ancien hôpital démoli ? Et c’est la solution envisagée en avril 2013 par les équipes d’Adim Nord-Picardie qui nous a le plus séduits.

Pourtant, la réponse d’Adim Nord-Picardie à cette consultation s’est révélée plutôt déroutante, non ?

C’était une alternative en forme de pari. Au lieu d’affiner le scénario de la réhabilitation-extension, Adim a proposé de démolir notre Ehpad tout juste amorti pour tout reconstruire à neuf. C’est cette audace qui a déclenché notre envie de travailler ensemble. Il fallait oser ! Les équipes ont su nous convaincre de la valeur ajoutée d’un établissement unifié et pleinement intégré dans la cité lilloise. Nous pouvions oublier les ajouts, faire table rase du bâti passé et, à partir d’une page blanche, écrire l’histoire d’un lieu de vie mixte et moderne.

Que retenez-vous de l’accompagnement des équipes de VINCI Construction France ?

D’abord, le conseil des experts d’Adim Nord-Picardie en matière de montage immobilier, d’optimisation financière et d’accompagnement juridique. Ils ont su conjuguer le bon financement, le bon architecte avec les bons outils juridiques : bail à construction, bail en l’état futur d’achèvement (Befa), vente en l’état futur d’achèvement (Vefa)… Mais l’atout de VINCI Construction France sur cette opération, c’est une parfaite compréhension des enjeux. Les équipes ont entendu que nous voulions créer un Ehpad Saint-Antoine-de-Padoue avec une âme. L’association Féron-Vrau, qui fait partie de l’université catholique de Lille (UCL) présidée par Pierre Giorgini, soigne les personnes âgées en perte d’autonomie, et prioritairement les plus dépendantes, avec conviction et générosité. Nos maisons de retraite sont remarquées, les médecins et le personnel remarquables. Plus de 50 % de nos pensionnaires bénéficient de l’aide sociale. Nous ne faisons pas que bâtir un établissement, nous accompagnons physiquement et moralement des femmes et des hommes en fin de vie. Nous leur construisons une vieillesse heureuse avec des soins de qualité et une vie spirituelle intense.

Au-delà du professionnalisme, l’engagement mutuel s’est fait sous le signe de la bienveillance.

À tel point que ce sont les équipes de VINCI Construction France qui ont proposé le nom d’Iter Vitae. Il traduit à la fois la route faite ensemble – maître d’oeuvre, maître d’ouvrage, architecte, promoteur, constructeur – et le chemin proposé à nos pensionnaires vers une fin de vie sereine ou une autonomie retrouvée ! Certes, il y a les chiffres : l’un des plus gros Ehpad d’Europe, avec 325 lits, près de 300 collaborateurs, un parking de 110 places, une blanchisserie, une cuisine, une balnéothérapie, des bureaux, un accueil de jour… Mais au-delà, nous ne voulions pas travailler avec une entreprise qui n’aurait eu ni le sens du service ni la conscience de son rôle sociétal.

En quoi Iter Vitae contribuera-t-il, à horizon 2021, à requalifier un “morceau de ville” ?

Un centre commercial et une troisième gare doivent venir compléter le développement de ce quartier en plein essor. Cet Ehpad constituera le point névralgique d’un ensemble plus vaste, avec un laboratoire de recherches lié à la faculté de médecine, une crèche, une bibliothèque, une chapelle, des commerces, une place de village où les générations se rassemblent. L’ancien Ehpad Marguerite-Yourcenar deviendra une résidence étudiante, les restaurants seront ouverts aux gens du quartier. Nous créons du lien, nous apportons du sens et de l’attractivité en favorisant la mixité sociale avec la construction, à partir de janvier 2018, de logements en accession libre et en accession maîtrisée et d’une résidence intergénérationnelle.

Aujourd’hui, quel est votre sentiment lorsque vous vous rendez sur le chantier ?

Un mélange d’étonnement et de sérénité. Le chantier est magnifiquement tenu en termes de propreté et de sécurité par Dumez EPS (aujourd’hui Sogea Caroni), qui a pris en charge, en entreprise générale, la démolition, la construction tous corps d’état (TCE), les voiries et réseaux divers (VRD) et les espaces verts. Aujourd’hui, la démolition est achevée, et nous avons bientôt terminé le gros oeuvre. Et malgré trente jours de vent important cet hiver qui ont empêché les grues de fonctionner, la première tranche de travaux devrait être livrée en septembre 2017 sans encombre.

Nous avons pu faire table rase du bâti passé et, à partir d'une page blanche, écrire l'histoire d'un lieu de vie mixte et moderne.

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