Actus & Dossiers / Témoignages

La Marseillaise : témoignage de Marc Pietri

A Marseille, Dumez Méditerranée (mandataire), Les Travaux du Midi et GTM Sud, trois filiales de VINCI Construction France, réalisent les travaux de superstructure de la Tour La Marseillaise. Marc Pietri, président directeur général de Constructa et de Constructa Urban System, revient sur le plus grand projet d'aménagement urbain d'Europe, en front de mer et en bordure du port industriel. 

La Marseillaise : témoignage de Marc Pietri
Marc Pietri, président directeur général de Constructa et de Constructa Urban System

Constructa Urban System est un spécialiste des projets complexes comme la tour La Marseillaise. Y-a-t-il une recette pour réussir une telle opération ?

Pour réussir un projet complexe, il faut aimer le territoire. Je suis profondément attaché à Marseille. Mon père y était médecin et c’est là que Constructa est né.

J’ai un rapport intime, fusionnel avec l’eau. C’est un élément valorisant pour un grand nombre de projets que j’ai pu monter tant en France pour des investisseurs américains qu’aux Etats-Unis pour des investisseurs européens, à Miami, San Francisco, New-York… Cette dimension était bien sûr importante lorsque j’ai acheté le terrain des Quais d’Arenc où se construit aujourd’hui La Marseillaise et où s’élèveront à terme deux autres tours : la H99, qui comprendra 150 appartements à haut niveau de services, et la Tour C qui accueillera un hôtel et une résidence de tourisme. Le Balthazar, un autre immeuble de bureau de 10 000 m2, est lui déjà réalisé.

Mon expérience m’a aussi conforté dans l’idée qu’un projet complexe n’était pleinement réussi que s’il s’inscrivait parfaitement dans son contexte.  Lorsque j’ai rencontré Jean Nouvel, notre entente a donc été presque immédiate et nous sommes devenus de véritables amis. Jean Nouvel est un architecte contextuel, sensible à toutes les caractéristiques d’un lieu. Autant que moi, il aime Marseille. Et comme moi, il est convaincu que pour concevoir des objets complexes, il faut inscrire le projet dans son environnement climatique, sociologique, géographique, coloriel… C’est cette vision qui permet à la tour La Marseillaise d’avoir l’évidence de la simplicité alors qu’elle est en réalité très complexe.

À l’exception de l’immeuble de la CMA-CGM, Marseille ne comptait jusqu’ici aucune tour de bureau. Comment le projet de La Marseillaise s’est-il imposé ?

Même après l’obtention du permis de construire en 2010, la construction d’une tour de bureau de 135 m à Marseille restait un défi. Au départ, les investisseurs étaient perplexes quant à la faisabilité du projet. Certes, le site occupe une position extraordinairement favorable : le port de Marseille est le premier français et le deuxième européen, l’aéroport international n’est qu’à quinze minutes, la gare Saint Charles qui met Paris à trois heures n’est qu’à deux stations de métro et la plage n’est jamais loin… Marseille a tous les atouts pour être prochainement l’une des grandes métropoles économiques d’Europe et je suis convaincu qu’elle va le devenir très bientôt. Pour autant, était-elle compatible avec un objet que l’on imagine plus volontiers dans un grand quartier d’affaires comme La Défense à Paris qu’en bord de mer dans le cadre d’Euroméditerranée ? Et y aurait-il des clients pour la tour ?

L’accompagnement technique de VINCI, qui s’est très tôt impliqué dans l’opération, a été l’un des éléments permettant de débloquer la situation. La Caisse d’Epargne, catalyseur de beaucoup des grands projets d’Euroméditerranée, est entrée dans le tour de table ainsi que Swiss Life et la Caisse des Dépôts. C’est celle-ci qui a eu l’excellente idée de sublimer le projet en demandant des niveaux d’excellence environnementale, aussi bien en HQE qu’en Leed. Il s’agit non seulement d’un très bel atout d’image pour séduire des preneurs, mais c’est aussi un argument financier concret puisque les coûts d’usage de la tour sont ainsi fortement réduits : en profitant d’une énergie gratuite, le chauffage-climatisation à l’aide d’une boucle de géothermie marine permet par exemple de réduire les charges locatives de 40% ! Le coût d’usage d’un m2 de bureau dans la tour, avec son exceptionnelle qualité de services, face à la mer, sera ainsi équivalent à ce qu’il est dans un immeuble ordinaire. Dès maintenant un bail a été signé avec La Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole pour 12 étages (16 000 m2 sur les 35 000 m2 de bureaux). Les autres occupants devraient être la Caisse d’Epargne, Sodexo, la chambre de commerce et d’industrie de Marseille Métropole (CCIMP), Orange.

Bien que ce soit un projet privé, sans obligation règlementaire sur ce thème, vous avez demandé à VINCI Construction France de s’engager sur des objectifs élevés d’insertion. Pourquoi ?

À Marseille, les quartiers difficiles sont dans la ville. La construction d’une tour peut être considérée comme agressive, en décalage par rapport à ce que vivent les gens. J’ai donc demandé à VINCI Construction France de signer une convention emploi ambitieuse avec de l’insertion et de la formation réservées prioritairement aux habitants du quartier. Aujourd’hui La Marseillaise n’est pas seulement la tour de Marseille : elle est aussi la tour du quartier.

Comment, de votre point de vue, se déroule le chantier ?

Je sens un énorme respect entre tous les membres du groupement de conception-conception. C’est un projet au sein duquel tout le monde travaille en osmose, une ambiance où tout le monde se parle, tout le monde est fier de l’objet que l’on construit.

Que dire d’autre des relations avec VINCI Construction France sinon qu’elles sont excellentes et que je suis heureux de travailler avec ces équipes. Le héros de cette aventure ce n’est pas le promoteur, ce sont les gens du chantier et d’abord les compagnons.

C’est un projet au sein duquel tout le monde travaille en osmose, une ambiance où tout le monde se parle, tout le monde est fier de l’objet que l’on construit.