Actus & Dossiers / Chantiers du mois

La Marseillaise, une tour haute en couleur

Situé juste à côté de la tour CMA-GTM construite par GTM de 2007 à 2010 sur les plans de l’architecte Zaha Hadid, le chantier de La Marseillaise bat son plein. 
Dessinée par Jean Nouvel, cette tour de 135 m comprendra 35 000 m² de bureaux répartis sur 31 niveaux. 

La tour reflétera les tonalités de la ville par ses façades aux couleurs changeantes selon les points de vue. Si cette subtile composition est la caractéristique la plus visible de La Marseillaise, sa construction met en oeuvre des solutions techniques particulièrement innovantes.

Techniques de construction innovantes

Faisant suite à l’avant-projet détaillé (APD) conçu par les Ateliers Jean Nouvel, le promoteur Constructa signe la veille de Noël 2014 un marché de conception-construction avec Dumez Méditerranée, mandataire d’un groupement réunissant deux sous-groupements : l’un chargé de la conception emmené par les Ateliers Jean Nouvel, l’autre chargé de la réalisation réunissant trois filiales VINCI Construction France - Dumez Méditerranée (mandataire), Les Travaux du Midi et GTM Sud - ainsi que trois spécialistes de lots techniques. 

Le travail entre l’équipe de conception des Ateliers Jean Nouvel et les équipes de VINCI Construction France s’est fait en parfaite intelligence, pour allier esthétique et maîtrise financière.

Logistique “juste-à-temps”

Le chantier est notamment bordé d’une voie ferrée et d’une autoroute urbaine. Deux grues à flèche relevable, culminant à plus de 180 m, permettent d’éviter le survol des zones interdites mais, à leur pied, seulement deux petites aires de déchargement sont disponibles. L’unique zone de stockage importante est déportée à plusieurs centaines de mètres. L’organisation logistique est donc l’un des éléments clés de la réussite du chantier, d’autant plus qu’avec un noyau en béton, des niveaux en charpente métallique et une façade en béton fibré à ultra-hautes performances (BFUHP) préfabriqué, ce sont trois chantiers de gros œuvre en un qui doivent partager les disponibilités de levage.

La cellule logistique a adopté une organisation quasi industrielle en s’appuyant sur l’expérience du chantier de la tour D2 à La Défense. Tout arrive d’abord sur la base arrière gérée par un sous-traitant spécialisé en logistique, auquel tous les intervenants font leurs demandes d’approvisionnement via un logiciel dédié afin de bannir les risques d’engorgement des moyens de levage. Les approvisionnements des corps d’état, eux, sont délivrés directement à l’étage et dans la zone demandés.

Environnement et insertion : viser plus loin !

En matière d’environnement, la barre a rarement été placée aussi haut dans les objectifs d’un grand projet privé. Tout semble bien parti pour dépasser les objectifs des certifications LEED® Gold et NF HQE® Excellent. Les équipes ont mis en place un suivi rigoureux du tri sélectif sur site et atteignent 96 % de valorisation matière des déchets, alors que le taux exigé est de 80 %. Au niveau de la performance énergétique, l’engagement est d’atteindre un niveau 10 % meilleur que celui exigé par la Réglementation thermique 2012. Les équipes espèrent atteindre 30 % de mieux en fin de projet grâce à l’architecture même du bâtiment, dont les façades sont dotées de claustras brise-soleil et de vitrages performants limitant l’effet de serre.

L’insertion fait également l’objet d’une volonté commune de Constructa, VINCI Construction France et leurs partenaires. La direction du chantier s’est fortement impliquée, en profitant de la présence sur le chantier de trois Maîtres Bâtisseurs qui sont des super-tuteurs, si bien que le chantier va dépasser 40 000 heures d’insertion et 40 embauches (pour 8 700 heures et 29 embauches prévues initialement).

Béton, acier, BFUHP, un chantier “trois en un”

Avec une livraison prévue pour début 2018, le temps est compté. Botte Fondations attaque les fondations profondes dès le mois de mars 2015, alors que l’étude de conception détaillée n’est achevée que fin mai. En juin démarre le chantier de gros œuvre. Le noyau en béton, comprenant les circulations verticales et les sanitaires, est réalisé à l’aide d’un coffrage grimpant. Si le niveau du rez-de-chaussée de 12 m de haut nécessite onze jours de travaux par levée, le rythme de ces dernières descend à six jours par niveau courant.

L’utilisation de béton haute résistance C60 permet à chaque nouveau voile de supporter le poids du coffrage autogrimpant vingt heures à peine après le coulage. Au fur et à mesure de l’élévation du noyau de béton, les charpentiers métalliques entrent en scène, pour réaliser les niveaux en structure acier et les planchers collaborants (béton sur bac acier), suivis des équipes façades, à partir de décembre 2016.

Façade en BFUHP, une première mondiale

La façade vitrée de 16 000 m² est parée de 4 184 éléments, dont 3 818 brise-soleil et allèges, préfabriqués en béton fibré à ultra-hautes performances (BFUHP). Ils assurent le hors d’eau et le hors d’air et reçoivent directement les châssis en aluminium des vitrages. Cela n’avait jamais été réalisé dans le monde !

 

27 couleurs de BFUHP et 18 couleurs de menuiseries extérieures, mais aussi 27 couleurs de faux plafonds et 18 couleurs de serrurerie intérieure… Le bleu du ciel et de la mer, l’ocre rouge des toitures, le blanc des carrières et des rares nuages… La Marseillaise ne ressemble à aucune autre tour dans le monde. Elle s’inscrira début 2018 comme une évidence dans le nouveau paysage de Marseille.

Lire le témoignage de Marc Piertri, président directeur général de Constructa et de Constructa Urban System

En savoir plus sur la réalisation de la tour La Marseillaise