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« Méca » chantier culturel à Bordeaux

Après la Cité du Vin inaugurée en 2016, Bordeaux se dote d’un nouvel édifice à l’architecture singulière, avec la construction de la Méca (Maison de l’économie créative et de la culture en Nouvelle-Aquitaine).

« Méca » chantier culturel à Bordeaux
©Philippe Caumes

Un ouvrage architectural ambitieux

Essentiellement destinée aux professionnels de la création et de la culture, la Méca prend la forme d’une arche désaxée culminant à 37 m de haut, conçu par l’architecte Bjarke Ingels Group. Le bâtiment comporte deux piles en béton d’inégales hauteurs, R+5 et R+6, qui recevront respectivement l’Oara (Office artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine) et l’Alca (Agence livre cinéma audiovisuel).

Le “pont” en structure métallique abritera, lui, le Frac (Fond régional d’art contemporain), dont les très riches collections seront ouvertes au public. Outre une pépinière de jeunes créateurs, des studios de production, des salles réservées à la conservation des œuvres et un auditorium, la Méca comportera un restaurant et un café en rez-de-chaussée.

Sous la maîtrise d’ouvrage du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, GTM Bâtiment Aquitaine est mandataire du groupement en charge du macro-lot gros œuvre et clos couvert (lot1).

Un chantier à haute technicité

Les travaux débutent au printemps 2016. Dès la préparation, le chantier s’est appuyé sur la direction des Ressources techniques et opérationnelles (DRTO) pour les achats, les méthodes, le matériel et l’ingénierie 3D. Le bâtiment est d’autant plus complexe qu’il est situé en zone de sismicité 2. Les calculs ont notamment démontré des déplacements potentiels de 55 mm entre la charpente du pont et le béton des piles. Ils seront absorbés par des appuis sphériques supportant 2 500 t de descente de charge.

Béton brut et haute précision

À l’exception des prédalles et dalles alvéolaires utilisées pour les planchers, tous les bétons des piles sont coulés en place en réalisant parfois de véritables prouesses : posées à 25 m de hauteur au-dessus de l’amphithéâtre de la pile Oara, les poutres précontraintes de 14 m de portée n’ont que 65 cm d’épaisseur, alors qu’elles doivent supporter 24 t de descente de charge.

Le plancher du premier étage de la pile Alca repose, lui, sur des profils reconstitués soudés (PRS) de 55 cm de haut, 16 m de portée et 36 t.

Cependant, la principale difficulté tient à l’aspect du béton, qui doit être irréprochable. L’architecte a en effet prévu des bétons intérieurs bruts, sans lissage ni aucune reprise possible de surface, mais présentant pourtant un parement répondant à une finition très soignée. Cette exigence a poussé les équipes à progresser dans leur savoir-faire.

La précision doit être, elle aussi, exceptionnelle : les façades des piles et du pont sont recouvertes de 7 800 m² de panneaux de béton blanc, dont les systèmes d’accroche, qui ont fait l’objet de deux ATEx (Appréciation Technique d’Expérimentation), impliquent une tolérance inférieure à 1 cm sur les 37 m de hauteur du bâtiment.

Se former pour progresser

Le béton autoplaçant demande de l’exigence et le respect d’un rigoureux protocole. Toute l’équipe ainsi que l’ensemble de l’encadrement et les interlocuteurs de la DRTO sont allés passer quatre jours au centre de formation interne CESAME à Agen pour réaliser plusieurs prototypes de voiles en béton. Cette formation a également permis de créer une très grande cohésion d’équipe, qui est aujourd’hui l’une des caractéristiques de ce chantier.

Qualité, précision, architecture ambitieuse… Le challenge est tenu : rendez-vous en janvier 2019 pour l’inauguration.