Actus & Dossiers / Témoignages

Les palais de justice : témoignage de Nicolas Fournel

VINCI Construction France a livré récemment plusieurs palais de justice. Certains sont des créations, d’autres des opérations de réhabilitation, comme à Poitiers, où plusieurs juridictions s’installeront dans un ancien lycée. Nicolas Fournel, directeur de programme à l’APIJ (Agence publique pour l’immobilier de la Justice), revient sur les priorités et les attentes de la Justice vis-à-vis du constructeur.
Les palais de justice : témoignage de Nicolas Fournel
Nicolas Fournel, directeur de programme à l’APIJ (Agence publique pour l’immobilier de la Justice) © BINUSCAN

Réunir plusieurs juridictions en un même lieu répond-il à une orientation nationale ?

L’agence publique pour l’immobilier de la justice (APIJ) est le principal opérateur immobilier du ministère de la Justice. Ce dernier, lorsqu’il lui confie des opérations immobilières, définit les axes principaux de celles-ci. Le regroupement de juridictions parfois éparpillées au sein d’une même ville est, en effet, une tendance forte. L’un des buts recherchés est une meilleure lisibilité de la justice pour les usagers. Et il est indéniable que cela concourt à une meilleure efficacité de l’action judiciaire. À Poitiers, vous trouverez ainsi sur le même site la cour d’appel, la cour d’assises, le tribunal de grande instance, le tribunal d’instance, le tribunal de commerce et le conseil de prud’hommes.

Pourquoi avoir fait le choix de la réhabilitation, plutôt que d’un ensemble neuf ?

Lorsque le ministère lance un programme judiciaire, l’APIJ travaille avec les services de l’État afin d’identifier le lieu le plus propice pour l’accueillir, en fonction du cahier des charges. À Poitiers, le choix est né d’une ou plusieurs opportunités : l’organisme de gestion du lycée des Feuillants, construit au 19e siècle, souhaitait revendre le site qui ne répondait plus à ses besoins. Les collectivités locales étaient convaincues que cet ensemble, cher au cœur des Poitevins, devait continuer à vivre. L’APIJ a donc étudié la possibilité d’y réaliser l’opération de création d’un palais de justice. Le ministère a validé les études préalables convergeant vers la possibilité de réutiliser ce site. Ensuite, il ne restait plus qu’à mettre en musique les accords trouvés.

Plus généralement, à quelles exigences un palais de justice moderne doit-il répondre : mise aux normes, accès, sécurité, organisation des lieux, acoustique… ?

Un palais de justice moderne doit répondre à l’ensemble des normes en vigueur, dans tous les domaines techniques : accessibilité, sécurité incendie, sûreté, confort, etc. D’un point de vue fonctionnel, un palais de justice est un ouvrage très complexe. Les espaces sont de quatre natures : publics (salle des pas perdus, salles d’audience), tertiaires (bureaux des magistrats et fonctionnaires), sécurisés, et logistiques. À ces quatre types d’espaces correspondent quatre types de flux qui ne doivent pas se croiser. L’organisation doit donc être très minutieuse. Par ailleurs, la lumière naturelle est essentielle dans tous les espaces, et l’acoustique l’est tout autant, pour assurer la clarté des débats. Ce sont des facteurs clefs de l’exercice d’une justice apaisée.

Quels ont été les partis pris architecturaux ?

Le palais de justice des Feuillants s’inscrit dans le périmètre du Plan de sauvegarde et de mise en valeur de Poitiers. Il fait donc l’objet d’une protection patrimoniale forte. La ville et l’architecte des bâtiments de France exercent un contrôle rigoureux du projet et de sa réalisation. Ainsi, pour le clos et le couvert, la restauration est fine et précise. À l’intérieur, l’architecte a conservé les longs déambulatoires où l’on peut encore imaginer les classes « en-rangs-par-deux », attendant d’entrer en cours. L’architecte Vincent Brossy, accompagné par le bureau d’étude Mizrahi, a réussi à glisser sous la cour intérieure une salle des pas perdus et de nombreuses salles d’audience. Le projet met à profit la dénivellation importante du site (plus de 20 m), en offrant une réponse fonctionnelle optimale. Les matériaux employés sont sobres et nobles : par exemple, le sol est pavé de pierre bleue du Hainaut. Ils participeront de la sensation de majesté et de dignité du lieu, et affirmeront son caractère régalien.

Globalement, qu’attendez-vous de VINCI Construction France, en termes d’organisation, de solutions techniques, et plus généralement de « valeur ajoutée » ?

VINCI Construction France a fait une offre organisationnelle tout à fait originale, ce qui est remarquable, alors que les offres ont tendance à se standardiser. Sogea Atlantique BTP a vraiment appréhendé le site comme l’avait fait l’architecte, c’est-à-dire en comprenant la contrainte de sa topographie. Les équipes ont créé un tunnel sous le bâtiment pour évacuer l’ensemble des gravats de terrassement. Cette capacité d’ingénierie de haut niveau est une force pour le projet.

Au quotidien, le pilotage exercé par Jean-Yves Péron est de grande qualité. C’est essentiel pour un tel projet, sur lequel tous les yeux sont braqués : ceux du client, mais aussi ceux des utilisateurs futurs, les magistrats et fonctionnaires de justice. Les partenaires locaux (la ville, les services de l’État) sont également très engagés sur ce dossier. La réactivité des équipes de VINCI Construction France, et la qualité des relations nouées avec elles, offrent le plaisir d’avoir une opération maîtrisée en termes de coûts, de qualité et de délais, ce qui est précieux.

La réactivité des équipes de VINCI Construction France, et la qualité des relations nouées avec elles, offrent le plaisir d’avoir une opération maîtrisée en termes de coûts, de qualité et de délais, ce qui est précieux.

En savoir plus sur les palais de Justice réalisés par VINCI Construction France