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Réalisation du CNTS : témoignage de Bruno Valluet, secrétaire général de la FFTir

Réaliser le Centre National de Tir Sportif (CNTS) de Châteauroux exigeait de respecter des contraintes très spécifiques relevant notamment de la balistique et de l’acoustique. Les équipes de Sogea Centre sont-elles parvenues à relever tous les défis ? Les réponses de Bruno Valluet, secrétaire général de la Fédération Française de Tir.

Réalisation du CNTS : témoignage de Bruno Valluet, secrétaire général de la FFTir
Bruno Valluet, secrétaire général de la Fédération Française de Tir (FFTir)

Quelle importance revêt pour vous le Centre National du Tir Sportif construit à Châteauroux ?

Toutes les fédérations sportives olympiques se dotent d’un centre national sportif : le rugby en a créé un à Marcoussis, le football à Clairefontaine, etc. Nous avons lancé notre projet en 2012. Notre ambition était d’avoir un Centre National du Tir Sportif (CNTS) avec une vocation nationale et une dimension internationale. C’est une réalisation unique dans le monde tant par sa superficie de 80 ha et le nombre de disciplines praticables en même temps que pour ses capacités d’accueil. Ce projet se distingue aussi par son mode de financement. La FFTir apporte l’essentiel des fonds, le complément étant fourni par deux soutiens publics, ceux du Centre National pour le Développement du Sport et de la Région Centre-Val de Loire. 

En quoi le projet de Sogea Centre vous a-t-il plu ?

Le projet nous a plu car il respecte l’environnement, dont nous sommes très soucieux. Parmi les autres postulants, certains proposaient de défricher entièrement le site pour avoir une vision plus claire du terrain. J’ai refusé tout net. Il suffit en effet de 5 mn pour abattre un arbre qui a mis 30 ans à atteindre son plein développement. La grande intelligence du projet de Sogea Centre, c’est le choix de rabaisser le niveau du terrain pour éviter de gaspiller ne serait-ce qu’un m³ de terre. Cette option était d’autant plus intéressante que nous avions besoin de réaliser des buttes importantes de terre. En creusant, il a été d’autant plus facile d’atteindre la hauteur souhaitée. L’atrium d’entrée avec le maillage est très plaisant, de même que l’insertion de l’ensemble dans l’environnement, car c’est une réalisation sans immeuble de grande hauteur visible loin à la ronde. L’intégration des installations est un atout supplémentaire du projet. Nous avons aussi choisi des filiales de VINCI Construction car elles ont la compétence technique et une expérience d’ouvrages très différents. Les équipes maîtrisent les compétences techniques et ont su s’adapter aux contraintes spécifiques du projet. Il y a eu au départ des discussions autour de points techniques mais j’ai l’expérience de ce type d’échanges puisque j’ai professionnellement conseillé des constructeurs pendant quarante ans.

Quelles étaient vos attentes vis-à-vis de Sogea Centre ?

Vis-à-vis de Sogea Centre, j’avais trois leitmotiv : l’environnement, la sécurité et le bruit, le bruit, le bruit ! Mes interlocuteurs se sont faits conseiller par des experts en balistique et en acoustique. Sogea Centre a suivi tant les normes sportives du Comité International Olympique que les préconisations des experts. Quant à l’environnement, j’ai pu constater qu’il est respecté, que le chantier est bien tenu et les règles de sécurité parfaitement respectées. En août 2017, le CNTS accueillera sa première compétition de dimension internationale, le championnat du monde de tir sportif de vitesse. Nous attendons sur le site environ 5 000 personnes (public, entraîneurs, accompagnateurs) dont 3 000 tireurs. Le respect des délais était donc un impératif absolu, faute de quoi nous n’aurions pas pu organiser cette compétition et notre position auprès des instances internationales serait devenue très compliquée.

Quels objectifs sont assignés au CNTS ?

Le CNTS est un élément clef qui doit permettre à la FFTir d’atteindre plusieurs objectifs. Le premier est d’asseoir notre crédibilité dans le monde du sport. Après les championnats du monde de tir sportif de vitesse d’août 2017, nous sommes déjà en lice pour accueillir deux autres compétitions qui se tiendront en 2018 et 2019 : les jeux universitaires et les championnats d’arbalète, une discipline mondiale mais pas encore olympique. Le second objectif est d’améliorer la préparation de nos athlètes qui, dans certaines disciplines, étaient jusqu’ici contraints de partir à l’étranger pour s’entraîner avant les compétitions. Avec le CNTS, la donne change du tout au tout. Tous nos athlètes s’entraîneront en France et nous pourrons aussi louer nos installations à d’autres fédérations étrangères qui souhaitent disposer des meilleures conditions pour préparer leurs propres athlètes. Le troisième objectif est d’accélérer le développement de la Fédération Française de Tir (FFTir). Aujourd’hui, le tir sportif est l’une des 5 disciplines les plus pratiquées dans le monde. Mais cette réalité n’est pas perçue en France. Le CNTS va nous aider à changer cette perception. Sur les six dernières années, le nombre de licenciés de la FFTir est passé de 140 000 à 210 000. Avec le CNTS, cette progression a vocation à se poursuivre, à condition toutefois de moderniser les installations régionales déjà existantes et d’en créer de nouvelles chaque fois que cela est possible.

Le projet de Sogea Centre nous a plu car il respecte l’environnement, dont nous sommes très soucieux

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