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Réhabilitation des bâtiments Gounod, Haendel et Ingres à Bordeaux (33)

Respectant l’existant et la personne, partant des intérieurs, la requalification des résidences Gounod, Haendel et Ingres (GHI), au cœur du quartier du Grand Parc à Bordeaux (33), propose de nouvelles qualités par adjonction d’espaces extérieurs privatifs. Tour d’horizon de ce projet unique en Aquitaine avec Bernard Blanc, directeur général d’aquitanis, office public de l’habitat de Bordeaux Métropole.
Réhabilitation des bâtiments Gounod, Haendel et Ingres à Bordeaux (33)
Bernard Blanc, directeur général, aquitanis

 

En quoi cette réhabilitation des bâtiments GHI est-elle un programme hors normes aux multiples enjeux ?

Elle est hors normes justement car il ne s’agit pas uniquement d’une « réhabilitation » mais d’un projet à la fois politique, social et urbain. Un projet politique d’abord, parce que face à la posture de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU) qui promet les grands ensembles patrimoniaux des années 1960 à la démolition, nous avons choisi de prôner la régénération. À l’instar du végétal, nous souhaitons que cet habitat se régénère pour s’adapter aux changements du milieu dans lequel il existe. A priori, les barres Gounod, Haendel et Ingres ne sont pas l’habitat idéal dans l’imaginaire collectif bordelais, épris d’échoppe* et d’écoquartier. Ces bâtiments peuvent-ils retrouver une actualité dans notre période contemporaine ? Nous avons fait le pari que oui, en acceptant de décaler notre regard et d’interroger les jugements portés sur les grands ensembles. Le projet est également à fort enjeu urbain, car il s’agissait de revaloriser des tours HLM vieillissantes et en déshérence. En 2008, le quartier du Grand Parc était celui sur lequel aquitanis avait le plus de vacance : aucun jeune ménage ne voulait habiter dans une barre de 16 étages. Enfin, l’opération est un projet social, car elle s’est menée en site habité et avait pour objectif de disposer d’une offre immobilière très « sociale », deux fois  moins chère qu’un logement neuf. Aquitanis montre l’exemple d’une transformation pertinente et économe qui produit des logements généreux, confortables, énergétiquement performants… et dotés d’une vue extraordinaire sur la ville. L’opération GHI devient la locomotive de la reconsidération du Grand Parc. Elle permet ainsi d’offrir une seconde vie au modernisme et de « réhabiliter » le statut social de nos occupants.

En quoi cette opération s’inscrit-elle dans la veine des projets de requalification menés avec les architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal ?

C’est une opération unique en Aquitaine, aussi inhabituelle qu’inattendue en termes d’ampleur, mais elle se place dans la lignée de la transformation de la tour Bois-le-Prêtre à Paris (75) et celle de la tour Plein Ciel de Saint-Nazaire (44). Autant de programmes qui visent à augmenter la surface disponible au moindre coût : toujours ajouter, transformer et utiliser l’existant, en offrant encore plus d’espace et plus de lumière. Avant d’engager la requalification de 2 200 logements au Grand Parc, nous avons débuté avec VINCI Construction France par la rénovation de 530 logements et de leurs parties communes. Ensemble, nous commençons déjà à bousculer les idées reçues. Aujourd’hui, alors que l’opération est en passe de s’achever, les demandes de locataires se multiplient, ce que nous n’avions plus connu depuis 10 ans.

Théorisée dans le livre PLUS (2007, éd. GG), la proposition des architectes d’ajouter de la surface à l’extérieur est un changement de paradigme complet, mais semble aussi la seule solution possible dans ces grands ensembles…

Oui, car la trame constructive de murs tunnels en béton, caractéristique de l’époque, est particulièrement contraignante et n’offre aucune flexibilité. La seule solution était de doubler la surface par un espace non réellement fermé et non chauffé – mais qui, dans nos climats continentaux, peut être occupé dix mois dans l’année – en étendant les façades pour créer des jardins d'hiver privatifs. Coup double : on diminue les charges de chauffage et on augmente la superficie des appartements !

Quelle a été la valeur ajoutée de VINCI Construction France sur ce chantier ?

Pour les équipes d’ingénieurs et d’ouvriers, le défi était enthousiasmant. Travailler avec VINCI Construction France, c’était pour aquitanis le choix d’une ingénierie précise et intégrée, l’assurance d’un savoir-faire « cœur de métier » reconnu et la capacité de fonder sur des pieux très profonds une structure nouvelle, autonome et autoportée venant compléter un bâtiment existant. Nous avons aussi apprécié le sens du dialogue qui a permis l’adaptabilité aux exigences de nos architectes et la mise en œuvre, au final, d’un chemin de grues réinventé, d’une mécanique industrielle exemplaire et d’un « meccano » magique lors de la pause des dalles.

* Type de petites maisons de ville individuelles, majoritairement de plain-pied et communément répandues dans le bordelais.

Cette requalification met l’efficacité de VINCI Construction France, portée par une ingénierie intégrée et une mécanique industrielle exemplaire, au service de la qualité d’usage offerte aux habitants.