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Travaux fluviaux : conjuguer technique, économie et écologie

Le projet de reconstruction et d’automatisation des barrages de l’Aisne et de la Meuse associe des innovations non seulement techniques, mais aussi juridiques et environnementales. Ce programme d’une rare ampleur constitue un défi pour les équipes de VINCI Construction France. 
Travaux fluviaux :  conjuguer technique, économie et écologie
Construction du nouveau barrage de Fépin (08) sur la Meuse

Le projet de remplacement des barrages sur l’Aisne et la Meuse est inédit par sa forme juridique : il s’agit du premier contrat de partenariat public-privé (PPP) dans le domaine fluvial, signé en 2013 entre Voies navigables de France (VNF) et la société Bameo, constituée de VINCI Concessions, Shema-Groupe EDF et Meridiam. Ce contrat, l’un des plus importants localement, a été conclu pour une durée de trente ans dont cinq ans de travaux. Inédits également dans les choix techniques retenus par Corebam et le groupement de conception-réalisation créé pour l’occasion qui réunit quatre filiales de VINCI Construction France : EMCC (mandataire), GTM-Hallé, VINCI Construction France TP Lyon et Tournaud. 

Une innovation… gonflée !

En tout, 31 barrages seront exploités dont 29 entièrement reconstruits et automatisés (six sur l’Aisne et 23 sur la Meuse), en remplacement des barrages à aiguilles existants. Le système à aiguilles, permettant de réguler une cote de navigation, impose aux barragistes d’enlever ou de mettre en place des aiguilles (chevrons en bois) dans des conditions de travail pénibles, dangereuses et astreignantes. Les équipes de VINCI Construction France, accompagnées du groupement d’ingénierie (BRLi, Ateliers 2/3/4/, Hydrostadium et ISM), ont mis en place une technique innovante, non intrusive et complètement automatisée : des barrages équipés de bouchures gonflables à l’eau, conçus grâce à une enveloppe renforcée de type élastomère. Concrètement, ces barrages sont gonflés puis dégonflés automatiquement en fonction des mesures du niveau d’eau. Cette technique, inédite en France, répond parfaitement aux enjeux du projet notamment au regard de la standardisation des équipements, de l’amélioration des fonctionnalités et de l’optimisation des coûts de construction, d’exploitation et de maintenance des ouvrages.

La construction de ces barrages « gonflés à l’eau », dont la réalisation est uniquement possible en période hors crue, a démarré en avril 2015 avec sept chantiers entrepris, puis 13 autres en avril 2016. La totalité des barrages seront mis en service en mars 2020. 

Un impact global maîtrisé

En mars 2016, la première microcentrale hydroélectrique a été mise en service sur le barrage de Givet (08) ; Dotée de deux turbines de 500 kW, cette microcentrale contribue aux objectifs nationaux de transition énergétique. Ces turbines VLH (Very Low Head) de très basse chute sont novatrices car inaudibles, invisibles dans la ligne d’eau et inoffensive vis-à-vis des oiseaux.

Par ailleurs, la réalisation de passes à poissons permet de rétablir la continuité écologique des voies d’eau. 

Des réponses précises

Pour la réalisation des 29 ouvrages, il a fallu obtenir, en dix-huit mois d’instruction, l’ensemble des autorisations administratives. Tâche complexe car l’opération est répartie sur un périmètre géographique et administratif étendu de trois régions, quatre départements et 40 communes.

L’enjeu principal était de mobiliser les services de l’Etat et les collectivités territoriales et de les accompagner pas à pas dans les procédures pour respecter les délais. La réactivité et la précision des réponses fournies sont la force des équipes de VINCI Construction France. 

La réussite du projet s’est jouée dès le montage du contrat en adoptant une méthodologie rigoureuse. 

Marc Papinutti, directeur général, Voies navigables de France (VNF)

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